LES 4 FANTASTIQUES : Le reboot de tous les dangers pour le réalisateur Josh Trank et le producteur/scénariste Simon Kinberg – 3ème partie
Article Cinéma du Lundi 13 Avril 2015

Par Pascal Pinteau

Premières images et révélations

Tout en dévoilant les premières images du film dans la bande-annonce « teaser », la Fox publie un synopsis officiel de quelques lignes :« Adaptation moderne et résolument nouvelle de la plus ancienne équipe de super-héros Marvel, le film se concentre sur quatre jeunes outsiders qui se retrouvent projetés dans un univers sombre et méconnu, et qui modifie leurs formes physiques mais aussi leurs vies de façon radicale. Ils devront apprendre à maîtriser leurs nouvelles capacités redoutables et travailler ensemble pour sauver la Terre d’un ancien ami devenu un ennemi insoupçonné. » Le voile du secret étant partiellement levé, le producteur/scénariste Simon Kinberg est enfin devenu un peu plus disert : « Ce que nous faisons est assez différent de ce que les gens ont vu auparavant, et nous avons voulu que cette première bande-annonce leur permette de s’en rendre compte. Nous mettons en place un contexte mystérieux, et la lente immersion dans cet univers va devenir une partie de l’expérience que sera le film. Nous voulions que cette approche différente soit ressentie par les spectateurs, et fasse ressortir l’originalité du film avec un peu plus de restreinte que les bandes annonces que l’on a coutume de voir actuellement ». Si Trank avoue volontiers s’être inspiré du cinéma de David Cronenberg pour mettre en scène ce film, et plus précisément des ambiances visuelles de SCANNERS et de LA MOUCHE, en revanche, ni lui ni Kinberg n’acceptent d’infirmer ou de confirmer les rumeurs selon lesquelles les héros ne porteraient pas leurs costumes définitifs dans ce premier épisode, et n’adopteraient pas encore leurs noms de Mr Fantastic, La Femme invisible, La Torche Humaine et La Chose. « Nous voulons que cela soit une surprise » précise Kinberg. « Ce film est de bien des manières le récit des origines des Quatre Fantastiques et d’autres protagonistes, mais il va aussi nous montrer comment ils vont réagir à cette transformation, ainsi que la manière dont le monde qui les entoure va ou ne va pas réagir à leur présence, ce qui est un angle nouveau par rapport aux autres films de super-héros. Je peux aussi confirmer que nos héros vont bien voyager dans une autre dimension, car c’est un aspect de l’histoire que nous avons envisagé dès l’origine du projet ». Josh Trank, quand à lui, est revenu sur son désir de donner un ton réaliste au film: « Vous ne pouvez pas présenter un récit avec l’étiquette de Fantasy ou de Fantastique sans établir un contraste avec un contexte réaliste. Il faut que tout cela parte d’une situation ancrée dans le réel. Vous ne pouvez pas montrer le mal sans le bien, la justice sans le crime, ni le fantastique sans la vie banale de tous les jours. Il faut que le récit nous fasse expérimenter tout cela pour mériter vraiment de s’intituler LES QUATRE FANTASTIQUES ». Kinberg et Trank ont également mis à profit leurs dernières déclarations pour nier les rumeurs de difficultés intervenues pendant la production, et de réactions extrêmement mitigées de la direction de la Fox après la projection d’un prémontage du film. Selon eux, le tournage additionnel qui a eu lieu fin 2014 était prévu d’emblée afin de compléter et de perfectionner certaines séquences reposant sur les effets visuels. « Nous voulions que les trucages numériques soient aussi complets que possible », précise Kinberg, « Nous savons que ce film va être scruté un peu plus attentivement que d’autres et nous voulions nous assurer que nous disposions de tous les plans nécessaires pour que la vision de Josh soit fidèlement portée sur le grand écran. Créer une version entièrement numérique de la Chose n’est pas une tâche facile ! » .

Une autre approche des superpouvoirs

L’une des particularités du film sera sa manière d’aborder la transformation des héros, comme l’explique Trank : « Nous allons traiter comme un traumatisme ce qui serait normalement considéré comme un superpouvoir. Nos héros ne vont pas grimper sur un toit, sauter dans le vide, puis survoler la ville pour aller combattre le crime. C’est tout le contraire. La situation que nous décrivons est : que se passerait-il si votre corps se transformait sans que vous puissiez contrôler cette métamorphose ? ». Michael B. Jordan est allé lui aussi dans ce sens en décrivant l’histoire de ce premier épisode comme celle « d’un groupe de jeunes gens qui sont victimes d’un accident, et qui se retrouvent avec des handicaps qu’ils doivent apprendre à surmonter, tout en essayant de retrouver un semblant de normalité dans leurs vies ». Parallèlement, on suivra aussi la trajectoire du Docteur Doom (ou Van Damme !) dont les aspirations et le combat appartiendront à un registre tragique un peu plus classique que celui des héros, selon Kinberg. « Tout en racontant les origines des personnages principaux, nous montrerons comment quelqu’un, de par ses choix, peut devenir un « méchant ». Trank est revenu ensuite sur les éléments de Ultimate Fantastic Four qui l’ont particulièrement séduits : « Je suis un grand fan du dessinateur Bryan Hitch et de son style graphique. L’une des choses qui m’a particulièrement inspiré dans son travail sur Ultimate Fantastic Four est sa description du tout jeune Reed Richards réalisant ses premières expériences scientifiques dans le garage de ses parents. Je voulais absolument que l’on découvre Reed enfant de cette manière dans le film ». Kinberg poursuit : « Et comme nous avions envie de raconter l’histoire d’une jeune génération de héros, comme dans CHRONIQUE, c’est la raison pour laquelle nous nous sommes tournés vers Ultimate Fantastic Four plutôt que vers le recit original des années 60, où les personnages étaient déjà adultes et Reed un homme mûr aux tempes grisonnantes. Et pour donner au film un aspect crédible et dramatique, nous avons cherché les quatre jeunes acteurs capables de livrer les meilleures performances dramatiques possibles. Josh pense comme moi que nous n’aurions pas pu trouver quatre meilleurs comédiens pour interpréter ces personnages dans cette version de l’histoire. ».

L’hommage au récit original

Tout en ayant choisi de transposer la version Ultimate de la BD, Trank et Kinberg comptent rendre également hommage au récit original des années 60, comme l’a expliqué le réalisateur : « Dans le récit de 1961 de Jack Kirby et Stan Lee, les Quatre Fantastiques partaient dans l’espace à bord d’une fusée expérimentale construite par Reed, et c’est leur exposition aux rayons gamma qui provoquaient leur métamorphose et l’apparition de leurs pouvoirs. Les Quatre Fantastiques ont été le premier et le plus important groupe de super-héros de l’histoire moderne de la bande dessinée, et nous sommes conscients de la responsabilité qui est la nôtre en transposant ces personnages au cinéma. Nous n’avons pas oublié que l’un des thèmes essentiels de cette BD est depuis toujours celui de la famille. Nos héros forment une vraie famille, avec ses liens et ses dissensions. Je me souviens que la première fois que j’ai lu Les Quatre Fantastiques, ce qui m’a semblé vraiment remarquable, c’était cette famille reconstituée qu’ils formaient, et la sincérité de leurs liens. Ils se protègent les uns les autres, s’entraident , se comprennent, et même s’ils se disputent fréquemment, leurs liens affectifs les aident toujours à surmonter les épreuves auxquelles ils sont confrontés. J’ai parlé à Stan Lee des raisons pour lesquelles j’avais envie de réaliser cette nouvelle version des Quatre Fantastiques , et après que je lui aie raconté les bases de notre histoire, qui place les personnages dans un contexte plus sérieux, il a semblé aimer sincèrement cette approche. C’était vraiment réconfortant d’entendre Stan Lee me dire qu’il trouvait cette démarche intéressante et qu’il nous donnait sa « bénédiction » pour avancer sur ce projet. Quand Jack Kirby et Stan ont créé les Quatre Fantastiques au début des années 60, ils reflétaient cette époque où la science changeait concrètement le monde et la vie quotidienne des gens. C’est la raison pour laquelle je voulais mélanger la vraie science et la Science-Fiction dans ce film ». Kinberg poursuit : « A cette époque, une nouvelle génération de scientifiques et d’aventuriers allait partir à la conquête de l’espace et allait marcher peu après sur la lune. C’était la nouvelle frontière à franchir. La génération actuelle est celle d’Internet et des applications qui transforment les contacts entre les gens. Dès le départ, Josh a voulu que le film montre une nouvelle génération en action, sur le point de faire des découvertes étonnantes, mais en ancrant cela le plus possible dans la réalité scientifique et le réalisme. Dans notre version, nous nous servons de véritables projets scientifiques d’exploration des dimensions parallèles. C’est également Josh qui a eu l’idée des tenues de nos héros qui sont des combinaisons spéciales qui les aident à contenir et à maîtriser leurs pouvoirs ».

Le nouveau visage de La Chose

Josh Trank est également revenu sur le choix de la 3D pour représenter Ben Grimm après sa métamorphose en une énorme créature à la peau craquelée aussi dure que le roc : « Je pense qu’il était logique de recourir à la Motion capture et à la 3D pour représenter le personnage de La Chose. La capture de performance était essentielle pour enregistrer et restituer le jeu de Jaimie Bell, qui est un acteur merveilleux. Et son regard, qui est un élément capital de son interprétation, reste exactement le même quand on le voit au naturel, puis quand il devient La Chose ». Alors que la Fox fait régulièrement appel à Weta Digital pour créer les effets numériques de ses productions – avant AVATAR et la nouvelle saga de LA PLANETE DES SINGES, Weta avait animé le Surfer d’Argent dans le second épisode des QUATRE FANTASTIQUES commis par Tim Story – on notera que cette fois-ci, c’est la société américaine OTOY basée à Los Angeles qui crée les trucages du film. Fonctionnant sur le principe du stockage et du traitement de ses éléments de rendering dans un « cloud » alimenté en permanence par des milliers d’unités de processeurs graphiques , le but d’OTOY est de mettre à la disposition de ses clients des images 3D provisoires de qualité cinéma en temps réel dès le tournage des scènes d’effets spéciaux avec les acteurs. Le système mis en place permet aussi de montrer immédiatement des images composites préparatoires aux clients par streaming via une simple connection internet. Ajoutons que OTOY commercialise aussi le système de LightStage qui a été utilisé sur L’ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON, SPIDER-MAN 3 et THE SOCIAL NETWORK. Ce dispositif en forme de sphère creuse est muni de plusieurs centaines de sources d’éclairages LEDs et d’appareils photos qui permettent d’enregistrer en 3D, en très haute résolution, sous tous les angles et avec toutes les options d’éclairages possibles les expressions faciales et les mouvements de tête d’un acteur afin de les transposer sur un clone 3D. Grâce à cette technologie de pointe, la séquence de la métamorphose de Ben Grimm en La Chose devrait être particulièrement spectaculaire, tout comme la transposition des vraies expressions de Jaimie Bell sur le visage de roche craquelé du monstre le plus sympathique des Marvel Comics. Pour découvrir le résultat en salles, et savoir si la vision « âpre et réaliste » des QUATRE FANTASTIQUES conçue par Josh Trank et Simon Kinberg tiendra la route, il faudra patienter jusqu’au 5 août 2015.

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