ALICE DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR : Entretien avec Mia Wasikowska (Alice) – 2ème partie
Article Cinéma du Lundi 18 Juillet 2016

Propos recueillis et traduits par Pascal Pinteau

Il est question de voyage temporel au cours de cette aventure. Cela signifie-t-il que vous jouez aussi une version plus jeune d’Alice ?

Non, car pendant son voyage temporel mon personnage se contente de voir ce qui est arrivé à la version plus jeune d’Alice, et on découvre aussi un jeune chapelier fou dans ces scènes-là.

Vous disiez tout à l’heure qu’Alice a pris de l’assurance grâce à ses précédentes aventures au Pays des Merveilles et aussi parce qu’elle a beaucoup voyagé dans le monde réel. Mais comment cela change-t-il sa manière d’agir lorsqu’elle est confrontée à un personnage comme le temps, que joue Sacha Baron Cohen ?

Je crois que l’expérience qu’elle a acquise lui permet de réagir de manière plus posée et plus habile quand elle se retrouve face à un être imprévisible et bizarre comme le temps, qui se comporte souvent de manière ridicule et comique, notamment lorsqu’il explique ce qu’il va faire et tourne en rond dans ses propos. Comme Alice comprend vite sa manière de fonctionner, cela génère des dialogues assez savoureux entre nous.

Pouvez-vous comparer la manière dont Tim Burton et James Bobin travaillent avec les acteurs et dirigent les équipes techniques sur un plateau ?

Ils avaient chacun une vision très différente de ce qu’ils voulaient faire. Tim exprime ce qu’il souhaite de manière très visuelle, de ce fait nos conversations tournaient davantage autour des images et des atmosphères qu’il avait envie de créer. De son côté, James s’est beaucoup impliqué dans le développement émotionnel des personnages et sur l’impact que les évènements allaient avoir sur eux. Et il a tenu à ce que nous jouions plus souvent dans des décors réels. Mais ils ont tous les deux une imagination débordante et sont vraiment très gentils à titre personnel, et très agréables lorsqu’ils vous dirigent pendant le tournage.

Tourner un film sur fond vert et le découvrir une fois achevé avec tous les trucages ajoutés sont deux expériences très différentes l’une de l’autre. Le fait d’avoir déjà expérimenté ce processus vous a-t-il permis de vous sentir plus à l’aise pendant les parties du tournage sur fonds verts ?

La découverte du premier volet a été très surprenante pour moi, car je n’avais pas pu imaginer tous les détails de ce qui allait être fait pendant la postproduction. Pendant un tournage normal, on se fait une assez bonne idée de ce qui a été filmé, et de la manière dont le réalisateur pourra l’utiliser, mais quand vous tournez une histoire fantastique avec beaucoup de trucages comme la nôtre, il est d’autant plus difficile de deviner ce que cela va donner que certaines performances d’acteurs avaient été enregistrées à part, afin de servir de base à l’animation de leurs personnages 3D. Pendant le tournage de ce second volet, j’avais une meilleure idée de ce que donnerait le résultat final parce que nous avons joué plus souvent dans des décors réels, et que la plupart de mes interactions avec les autres personnages ont eu lieu directement avec les comédiens qui les jouaient en face de moi, sur le même plateau.

Jouez-vous aux échecs ? Et que pouvez-vous nous dire sur la symbolique du jeu d’échecs aux pièces vivantes que l’on voit dans le film ?

J’y joue un peu, mais pas très bien pour ne rien vous cacher. Et j’ignore quelle est la métaphore du jeu d’échec dans le cadre de cette histoire. Un spécialiste de l’œuvre de Lewis Carroll pourrait certainement vous le dire, mais pas moi, hélas ! Je crois que chaque personne qui lit les aventures d’Alice ou voit les adaptations cinématographiques qui en ont été faites va réagir de manière subjective, en fonction de sa propre sensibilité et de son propre vécu. En ce qui me concerne, je me suis rendu compte que l’on réagit d’une manière aux aventures d’Alice quand on les découvre enfant, et que l’on en a une vision tout à fait différente si on les relit à l’âge adulte. Il y a certains thèmes ou certains propos que vous ne percevez pas quand vous êtes enfant, et qui vous semblent évidents plus tard. Et l’inverse est probablement vrai. C’est une œuvre totalement unique, qui a prouvé que son pouvoir de fascination ne s’est pas atténué depuis qu’elle a été écrite.

Les scènes pendant lesquelles vous escaladez, sautez ou évitez les pièges tels que votre cheminement au milieu des mécanismes du palais du temps, lorsque vous passez au milieu des balanciers géants, ont-elles été physiquement difficiles à tourner ? Et dans le même ordre d’idées, quel type d’entraînement avez-vous dû suivre pour vous préparer à être suspendue aux câbles pendant les scènes où vous tombez en chute libre ou pendant l’excellente séquence d’ouverture du film, où vous grimpez en haut du mât du navire marchand que vous commandez ?

La plupart du temps, je dois dire que me demandais ce que j’étais en train de faire ! Pour ne rien vous cacher, le tournage de ce genre de séquences est plutôt comique à voir car vous vous retrouvez dans des postures assez grotesques, en train de courir sur des cylindres recouverts de mousse verte, et de sauter, et de vous accrocher à quelque chose…Chaque jour, c’est une nouvelle séance d’humiliation complète devant toute l’équipe de tournage ! (rires)

Mais pouvez-vous nous décrire un peu plus en détail comment la scène où vous avancez dans les mécanismes, en évitant les balanciers géants a été tournée ?

L’équipe des décors avait fabriqué de nombreuses formes de rouages et de mécanismes peintes en bleu qui tournaient sur elles-mêmes, et je devais sauter de l’une sur l’autre. Quand je sautais, j’étais toujours harnachée et accrochée à des câbles afin que l’on puisse stopper ma chute si jamais je tombais. Et en dehors de ces éléments-là, il y en avait d’autres qui représentaient les balanciers et les autres parties mécaniques que l’on voit dans les images finalisées. C’était un tournage assez épuisant, car j’ai couru, escaladé des choses ou participé à des moments d’actions dans la plupart des scènes ! Et quand vous passez six mois à courir, cela vous paraît long !

La suite de notre dossier ALICE DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR paraîtra bientôt sur ESI !

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