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Chronique Blu-Ray : CAPTAIN AMERICA CIVIL WAR - Une bataille titanesque et un film époustouflant – 5ème partie
Article Cinéma du Mardi 03 Janvier 2017

A l’occasion de la sortie en Blu Ray de l’une des productions les plus spectaculaires que les Studios Marvel aient jamais produit, ESI vous propose ce dossier complet consacré à la production de CAPTAIN AMERICA CIVIL WAR.

Un nouveau studio pour les Avengers

CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR a principalement été tourné aux Pinewood Studios d’Atlanta, mais le caractère international de l’intrigue a également conduit les équipes du film en Allemagne, en Autriche, en Islande, à Porto Rico, en Indonésie, au Brésil et au Royaume-Uni. Le tournage principal a débuté le 27 avril 2015 aux studios Pinewood d’Atlanta, introduisant ainsi l’une des intrigues Marvel les plus populaires et les plus attendues. Le fait de pouvoir réaliser le film dans des studios de cinéma dernier cri a constitué un réel avantage pour l’équipe, comme l’explique Kevin Feige : « Nos précédents films ont été réalisés un peu partout dans le monde, notamment aux Pinewood Studios de Shepperton près de Londres. Lorsque nous avons appris qu’ils construisaient de nouveaux studios à Atlanta, nous sommes allés les visiter et avons été très impressionnés par ce que nous avons découvert. C’est là que nous avons choisi de tourner ANT-MAN - leur tout premier film - et l’expérience a été tellement concluante que nous avons décidé d’y filmer CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR. » Si les studios Pinewood de la capitale de l’État de Géorgie ont servi de base d’opérations à la production, le film a également été tourné en décors réels dans et autour d’Atlanta, afin de lui conférer le caractère viscéral et réaliste propre à la franchise. Tourner en décors réels était essentiel pour les réalisateurs, qui tenaient à insuffler au film un ton et un style singuliers. Anthony Russo explique : « Ce qui distingue le personnage de Captain America du reste des Avengers, c’est son pragmatisme et son côté « Monsieur tout le monde », car c’est ce qui permet aux spectateurs de s’identifier à lui. C’est la raison pour laquelle nous nous étions efforcés de faire de CAPTAIN AMERICA : LE SOLDAT DE L’HIVER un film à taille humaine qui respectait davantage les lois de la physique et ce dont un être humain est capable, car Cap n’est ni un super-héros, ni un demi-dieu. Cela nous a amenés à tourner plus de scènes en décors réels qu’habituellement et à réaliser les scènes d’action de manière plus réaliste et viscérale afin qu’elles soient ancrées dans le monde réel plutôt que dans un univers fantastique. » Le cinéaste poursuit : « Nous avons appliqué le même principe à ce film-ci - même s’il a fallu que nous le développions car l’histoire met en scène d’autres types de super-héros. Dans ce film, d’autres personnages Marvel, dotés de pouvoirs plus extraordinaires, entrent en scène, nous avons donc un peu élargi l’univers réaliste précédent. Nous avons cependant maintenu un certain degré de réalisme à travers ces décors réels. »

Joe Russo partage le point de vue de son frère et évoque aussi les bénéfices techniques d’un tournage en décors réels. « Pour nous, l’action doit être réaliste et tangible. Au cours d’un combat ou d’une séquence d’action, nous aimons voir les personnages interagir avec leur environnement, ce qui est le cas en décors réels. Lorsque vous tournez en studio ou sur fond vert, il faut tout imaginer, il arrive alors que le réalisme de certaines scènes en pâtisse parce que les personnages et les acteurs n’interagissent pas avec ce qui se trouve autour d’eux. » Un des défis auxquels a été confrontée l’équipe a été de trouver des extérieurs qui puissent servir de doublure à des villes internationales. Dans la séquence d’ouverture, qui se déroule à Lagos, au Nigeria, Steve, Natasha et la Sorcière rouge ont remonté la trace de Crossbones et de sa clique jusqu’à un marché en plein air. Pour créer cet environnement, les cinéastes ont investi un lieu des plus inattendus. Le producteur exécutif Nate Moore raconte : « Notre fantastique équipe repérages nous a trouvé le « Gulch », une vaste zone non construite située dans le centre-ville d’Atlanta. Nous l’avons utilisé comme backlot et y avons reconstruit la ville de Lagos. Ce ne fut pas une mince affaire mais grâce aux efforts conjoints de la régie, du département artistique et des ensembliers, nous avons réussi à créer un environnement authentique auquel plusieurs centaines de figurants ont donné vie. La possibilité de tourner à 360 degrés en décors réels offre en outre une bien plus grande liberté de cadrage aux cameramen. »

Transformer des quartiers d’Atlanta en villes étrangères telles que Lagos fait partie du travail quotidien du chef décorateur Owen Paterson, qui déclare : « J’ai pu compter sur une équipe formidable - des équipes de construction aux peintres et aux paysagistes - et nous avons tous collaboré avec le régisseur d’extérieurs James Lin. Initialement, nous avions envisagé de construire le marché à Porto Rico où l’on trouve des extérieurs grandioses, mais cela s’est révélé trop difficile. Il a donc fallu se replier sur Atlanta où notre régisseur a trouvé un incroyable lieu de tournage que mes ensembliers ont transformé en authentique marché africain. Lorsque l’équipe de tournage est arrivée sur place et qu’elle a découvert les lieux avec les voitures, les motos et la décoration, tout le monde en a eu le souffle coupé : on se serait vraiment cru à Lagos. Grâce aux effets visuels, le marché a ensuite été agrandi et intégré de manière indécelable à la tentaculaire capitale nigériane. » Owen Paterson a également eu l’idée de génie de réutiliser les mêmes décors dans plusieurs scènes censées se dérouler à des milliers de kilomètres les unes des autres. Nate Moore raconte : « J’ai été bluffé par la manière dont Owen a exploité l’Atlanta Civic Center. L’extérieur du bâtiment, avec sa grande cour qui convenait parfaitement à ce que recherchaient Joe et Anthony, a servi de doublure à l’IBID (le Laboratoire de développement des maladies infectieuses) de Lagos. L’intérieur du bâtiment a quant à lui servi de doublure au MIT où Tony Stark donne une conférence, tandis qu’une troisième partie du bâtiment a été utilisée pour une scène située à Berlin. Trouver un lieu qui offre un tel potentiel n’est pas facile, mais cela a permis à l’équipe de production d’enchaîner les scènes plus rapidement au lieu de devoir courir d’un lieu de tournage à l’autre. » Le 18 juin, le moment tant attendu par toute l’équipe est enfin arrivé : le tournage des premières scènes épiques de la « guerre civile » a commencé sur le backlot des studios Pinewood d’Atlanta, opposant deux clans d’Avengers, l’un mené par Captain America, l’autre par Tony Stark. Le tournage de cette confrontation était très attendu par Anthony et Joe Russo. Ce dernier commente : « Pour les fans des comics, c’était un jour historique. Cette séquence dite du « Splash Panel » a été conçue comme une illustration de B.D. en double-page. On est d’abord frappé par la beauté d’ensemble du dessin, puis on découvre tous les personnages en train de se battre aux quatre coins de l’image et on étudie minutieusement les détails pour comprendre qui est aux prises avec qui. Il s’agit d’une des scènes les plus spectaculaires du film - et sans doute l’une des plus épiques de l’Univers cinématographique Marvel à ce jour. Presque tous les super-héros Marvel de l’Univers cinématographique sont présents… et ils sont sérieusement remontés les uns contre les autres. » Bien avant le tournage de la séquence, les réalisateurs ont dû choisir la position de chacun des personnages concernant les Accords de Sokovie.

L’Univers cinématographique Marvel s’éloignant parfois des intrigues des comics, Anthony et Joe Russo tenaient à ce que la composition des deux équipes soit unique à CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR. Après mûre réflexion, les cinéastes ont ainsi choisi de rallier le Faucon, le Soldat de l’Hiver, Hawkeye, Ant-Man et la Sorcière rouge à la cause de Captain America, et Black Widow, War Machine, Spider-Man, la Vision et la Panthère noire à celle de Tony Stark. Joe Russo déclare : « Tout dans ce film a été pensé pour aboutir à un combat d’anthologie entre nos superhéros préférés. La scission entre les Avengers donne lieu à des confrontations passionnantes ainsi qu’à pas mal de surprises lors de la bataille finale, une séquence que je pense, les spectateurs auront beaucoup de plaisir à regarder. » Le clivage entre les personnages crée en effet des dynamiques intéressantes, notamment entre les amis de longue date et collègues Steve Rogers et Natasha Romanoff, qui se retrouvent soudain adversaires. Kevin Feige commente : « La relation que nous avons établie entre Cap et Black Widow dans CAPTAIN AMERICA : LE SOLDAT DE L’HIVER était une des réussites du film. Steve et Natasha ont une profonde affection l’un pour l’autre, mais comme un frère et une soeur, ils ne sont pas toujours d’accord sur tout. Ce qui rend le film si captivant, c’est justement que les alliés naturels s’opposent. » D’après Scarlett Johansson, même si son personnage choisit le camp opposé à son ami de longue date et partenaire Chris Evans, ce conflit renforce en réalité la dynamique entre les deux personnages. « Steve Rogers est un personnage très difficile à jouer en raison de son profond sens moral. Ce sont les conflits qui rendent les personnages intéressants, et Chris a réussi à conférer une grande humanité à Captain America, une humanité faite de désir, de regrets et de quête d’identité. Il remet en cause les choix qui ont été faits pour lui et c’est précisément là que réside le conflit. Bien que leurs positions divergent sur les Accords de Sokovie, je pense que Natasha aimerait que Steve commence à vivre sa vie pour lui-même et non plus uniquement pour son travail. Elle se retrouve parfois en lui, et elle ne veut pas qu’il vive avec le sentiment de solitude qu’elle ressent. »

Dans le film, la séquence se déroule sur le tarmac de l’aéroport de Leipzig, en Allemagne. Bien que l’équipe se soit rendue sur place, la scène a également été filmée sur le backlot des Pinewood Studios d’Atlanta. Kevin Feige explique : « Tourner une scène d’une telle ampleur dans un aéroport opérationnel n’est pas simple. Il y a de nombreuses restrictions et les explosions, les collisions automobiles et les effets pyrotechniques sont évidemment proscrits. Il nous fallait donc un grand espace ouvert autour duquel on puisse installer d’immenses écrans verts. Et une fois de plus, l’équipe des Pinewood Studios s’est montrée à la hauteur en faisant couler une gigantesque dalle de béton sur son backlot pour que nous puissions recréer les pistes de l’aéroport de Leipzig. » Une fois les problèmes de décors résolus, le seul élément sur lequel l’équipe n’avait aucun contrôle était la météo. Les températures caniculaires qui se sont abattues sur Atlanta se sont révélées être un défi de taille pour les acteurs et techniciens. Chris Evans se souvient : « Nous avons tourné l’affrontement entre les Avengers au mois de juillet, et comme Atlanta se trouve au sud des États-Unis, il faisait extrêmement chaud. Nous étions assez mal à l’aise dans nos costumes sous ce soleil de plomb. Mais en dépit de la chaleur étouffante, il n’y a pas de mots pour exprimer ce que j’ai ressenti en découvrant tous les personnages en costume rassemblés pour cette scène. Cette bataille sera d’ailleurs le point de départ du prochain chapitre de l’Univers cinématographique Marvel. » Chris Evans n’est pas le seul Avenger à avoir accepté de bonne grâce les difficiles conditions de tournage. Anthony Mackie confie : « Malgré la chaleur écrasante, le fait de prendre part à cette scène était tout simplement incroyable. Tous les jours qu’a duré le tournage de la séquence, j’étais obligé de me pincer pour vérifier que je ne rêvais pas ! À chaque fois que je regardais autour de moi, je réalisais que je faisais désormais partie de cet extraordinaire univers cinématographique. C’était surréaliste de voir Robert Downey Jr., Scarlett Johansson, Don Cheadle, Jeremy Renner, Paul Rudd, Elizabeth Olsen et Paul Bettany s’élancer vers moi ou courir à mes côtés ! »

Même Robert Downey Jr., Scarlett Johansson et Jeremy Renner, pourtant habitués à ces films, ne tenaient plus en place le jour du tournage. Robert Downey Jr. commente : « Lorsque j’incarne Tony Stark, je me mets dans l’état d’esprit de quelqu’un qui n’est jamais surpris par rien. Il est convaincu que ses actes sont justifiés, et en cela il a probablement raison. Lorsque le moment du tournage de la séquence de la guerre civile est enfin arrivé, je me suis plu à imaginer Tony Stark dire à son équipe : « Vous deux, allez casser la figure à Captain America ! » Franchement, qui n’aurait pas envie de dire ça ? Plus sérieusement, c’est une scène d’action incroyable qui fonctionne à mon avis parce qu’elle laisse aussi transparaître les doutes et l’appréhension de toute l’équipe quant à ce qui va se passer. » Scarlett Johansson n’oubliera pas elle non plus cette journée. « C’était assez surréaliste de voir tous les personnages s’affronter sur ce tarmac. J’ai connu de grands moments en tournant ces films, je réalise la chance que j’ai de travailler avec des gens aussi talentueux, de porter ce costume et d’incarner ce personnage. Je me souviens du premier AVENGERS dans lequel nous avions tous notre moment de gloire, pareil dans AVENGERS : L’ÈRE D’ULTRON. J’ai ressenti la même chose sur le tournage de cette séquence, j’avais conscience du caractère extraordinaire de ce que je vivais. » Sur le plan émotionnel, la séquence est cependant plus complexe qu’il n’y paraît pour les personnages, comme l’explique Jeremy Renner : « J’étais très enthousiaste le jour du tournage car la dynamique entre les membres de l’équipe est très différente dans cette scène. Ils sont tous amis et ont partagé de nombreuses choses ensemble, c’est pourquoi ils sont si déchirés à l’idée de s’affronter. Au lieu de se battre contre les méchants, ils se battent désormais entre eux, ce qui est complètement dément ! »

Les interprètes d’Ant-Man et de la Panthère noire, récemment introduits dans l’univers Marvel, étaient quant à eux plus qu’impatients de prendre part à l’épique séquence de la guerre civile. Paul Rudd déclare : « Il arrive qu’on ait beaucoup de chance et qu’en lisant un projet, on doive se pincer pour vérifier qu’on ne rêve pas. C’est ce que j’ai ressenti en découvrant le scénario du film et la scène dans laquelle nous nous battons tous les uns contre les autres. Les spectateurs vont en prendre plein les yeux. Ça a été un honneur de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice. » Chadwick Boseman commente : « Participer à ce combat titanesque a été une expérience très spéciale. Pendant le tournage déjà, nous étions conscients qu’il s’agirait d’une des séquences les plus palpitantes jamais tournées. Voir ses super-héros préférés s’affronter et utiliser leurs pouvoirs les uns contre les autres est le rêve absolu de tous les fans de comics. » Pour les frères Russo, le tournage de la séquence a marqué l’aboutissement d’un rêve de gosse. Joe Russo raconte : « C’était totalement surréaliste. Anthony et moi avons grandi en lisant des comics, et la grande question qui agite tous les fans est de savoir qui est le plus fort. On se demande tous ce qui se passerait si nos héros préférés se retournaient les uns contre les autres. Lorsque nous avons découvert tous les personnages en costume ce jourlà, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au chemin parcouru depuis le jour où j’ai découvert Secret Wars sur la véranda d’un copain lorsque j’avais 10 ans, jusqu’à la réalisation de cette séquence légendaire avec ces acteurs incroyables sur le backlot des Pinewood Studios… » Anthony Russo se souvient : « Lorsque nous avons filmé la scène, beaucoup d’autres fans de comics parmi l’équipe technique et les cascadeurs avaient les larmes aux yeux. C’est incroyable de voir combien cette mythologie touche les gens, ils ont tous des sentiments, des idées et des émotions très spécifiques associés à ces personnages. Voir la Panthère noire aux côtés d’Iron Man, Black Widow et War Machine affronter Captain America, Ant-Man, la Sorcière rouge et le Faucon a suscité des émotions très fortes. »

Notre dossier CAPTAIN AMERICA CIVIL WAR reviendra bientôt sur ESI ! Bookmark and Share


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