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[Exclusif ESI] SEULS : l’adaptation ambitieuse d’une BD culte du Fantastique français – 1ère Partie
Article Cinéma du Dimanche 12 Mars 2017

Un petit groupe d’ados se réveille un matin dans un monde désert. Où est passé le reste de l’humanité ? Sont-ils désormais seuls sur la planète ? Tels sont les enjeux de cette BD à succès aujourd’hui adaptée au cinéma

Propos recueillis par Pascal Pinteau

Le cinéma français est si peu réceptif au Fantastique que l’on se réjouit quand des producteurs ont l’audace d’aborder notre genre favori. Il s’agit en l’occurrence de l’adaptation de la BD SEULS écrite par Fabien Vehlmann, dessinée par Bruno Gazzotti et publiée chez Dupuis. Elle compte dix tomes, composant un premier cycle de cinq albums, un deuxième de quatre, et un troisième entamé par la parution récente du dixième opus. ESI s’est entretenu avec le chef décorateur Gwendal Bescond et le réalisateur David Moreau (ILS, THE EYE) afin qu’ils nous racontent cette aventure artistique qui pourrait devenir la première franchise fantastique destinée aux ados et aux jeunes adultes du cinéma français.

Entretien avec Gwendal Bescond, chef décorateur

Après avoir fait des études d’art et suivi les cours de la Fémis, Gwendal Bescond est devenu chef décorateur sur des spots publicitaires avant de travailler sur le film de Céline Sciamma NAISSANCE DES PIEUVRES en 2007. Après plusieurs films produits par Quad Films et les Films Pelleas, il est intervenu sur la saison 2 de la série de Canal Plus KABOUL KITCHEN et sur le thriller BRAQUEURS avant d’entreprendre SEULS.

Comment le projet SEULS a-t-il débuté pour vous ?

J’ai participé à un casting de chefs décorateurs, en ayant travaillé à partir du script que m’avait envoyé la production, dans le but d’apporter des idées visuelles dès le départ. Quand je rencontre un réalisateur, le meilleur moyen de le convaincre, c’est de lui montrer des images qui vont décrire l’approche que je crois judicieuse pour le film. Et à partir de là, si cela plaît, tant mieux, si cela ne va pas, tant pis. Je ne connaissais pas la BD originale, mais le script m’avait beaucoup plu. C’est un tel OVNI dans le cinéma français actuel que j’ai trouvé le projet passionnant. Je connaissais le travail de David car j’avais vu sa comédie 20 ANS D’ECART que j’avais trouvée très bien mise en scène. Je me doutais un peu que SEULS n’allait pas se faire avec un budget de 60 millions d’euros et qu’il allait falloir être astucieux.

Comment avez-vous entamé votre travail avec David Moreau ?

Je lui ai proposé de dessiner le plan de la ville dans laquelle se déroule l’action du film, afin de définir le territoire dans lequel nous allions travailler. Il s’agit d’une ville imaginaire, « Fortville », et il fallait trouver les moyens de la représenter en sachant que nous allions tourner à Paris et dans différents endroits de la région parisienne comme le quartier de la Défense ou à Nanterre. Pour moi c’était le premier « effet spécial » du film…

Constituer une ville-puzzle en créant un assemblage de lieux réels…

Exactement. C’est ce qui m’a passionné dans ce projet : choisir des lieux qui nous intéressaient et les relier pour créer une cohérence. Donc pendant les repérages, nous nous sommes rendus à La Défense, Nanterre, Courbevoie, Villepinte, Vélizy, et à Serris près de Marne la Vallée.

Parlez-nous de votre collaboration avec David Moreau…

David est sans aucun doute l’un des metteurs en scène les plus exigeants avec lesquels j’ai travaillé. Il a une vision très forte, et il a fallu le ramener à la réalité des moyens dont on dispose pour produire ce genre de films aujourd’hui en France. SEULS est un film fantastique qui parle de la mort, d’abord destiné aux ados et aux jeunes adultes, et dans lequel ne joue aucun acteur connu. Je ne sais pas comment le producteur Abel Nahmias a réussi à réunir un budget de six millions d’euros pour faire aboutir un tel projet, d’autant plus qu’une grande partie du tournage devait avoir lieu de nuit, avec des comédiens ados, dans des décors de ville vide ! On peut bloquer quelques rues pour le tournage d’un film, mais bloquer un paysage entier pour qu’il soit vide est impossible. On savait donc d’emblée qu’il allait falloir retoucher énormément les plans pour effacer les gens et les véhicules. Il y avait aussi de la construction de décors et une grande ambition artistique de la part de David. Une partie de la solution a consisté à trouver des lieux réels correspondant à ses envies. C’est ainsi que pour figurer l’autre monde, je lui ai proposé la cité blanche qui se trouve à Cergy Saint Christophe. Il y avait d’autres défis à relever comme des cascades avec un fourgon de 9 tonnes qui roule à tombeaux ouverts dans les rues. Et lorsque l’on tourne dans une ville, il faut la payer. Ainsi que les gens qui vont bloquer les routes pour vider les rues. Sur un film normal, on effectue 15 à 20 journées de repérages. Pour SEULS, nous en avons fait 30, ce qui représente six semaines passées dehors à visiter et photographier ces lieux. C’est autant de temps de moins dont vous disposez ensuite pour réaliser des illustrations préparatoires des décors et pour dessiner des plans.

La suite de notre dossier consacré à « SEULS » sera bientôt publiée sur ESI. Bookmark and Share


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