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[Exclusif ESI] SEULS : l’adaptation ambitieuse d’une BD culte du Fantastique français – 2ème Partie
Article Cinéma du Vendredi 17 Mars 2017

Suite de notre entretien avec le chef décorateur Gwendal Bescond

Propos recueillis par Pascal Pinteau

Quels sont les principaux lieux réels que vous avez choisis ?

Notre choix dépendait du fait que chacun des personnages est caractérisé par le lieu où il vit. Par exemple Leila réside dans un quartier pavillonnaire, Yvan s’est retranché dans l’immeuble de son père qui est PDG d’une banque, et Camille vit dans une cité. Tout cela nous a donné une cartographie de ville, puis il a fallu trouver les décors extérieurs correspondants. Le quartier pavillonnaire et le centre ville, c’était tout le bloc de Marne la Vallée, avec la ville de Serris dont l’esthétique correspondait à ce que nous cherchions. J’avais créé un collage de photos de nos repérages correspondant à l’ordre des scènes du film afin de tester la continuité artistique de tout cela et de pouvoir « combler les trous » par de meilleurs liens entre les pièces du puzzle. Nous avons aussi beaucoup tourné à la Défense, et dans une partie de Vélizy, ainsi qu’à Nanterre au parc André Malraux, et à Cergy, dans « L’axe majeur» conçu par l’architecte Ricardo Bofill dans son style qui mêle références antiques et modernes, et au centre duquel se trouve un pilier pour y installer « l’autre monde » de notre récit. Nous nous sommes servis aussi de la passerelle rouge du plan d’eau du parc de Cergy, mais nous avons changé numériquement sa couleur en noir dans le film.

Vous avez construit aussi un décor de laboratoire…

Oui, il s’agit de l’antre de l’antagoniste qui s’appelle « le maître des couteaux ». Nous avions besoin d’un grand espace qui permette les déambulations des personnages. A notre grande joie, nous avons réussi à tourner au centre du Commissariat à l’Énergie Atomique à Saclay (CEA), un lieu de très haute sécurité, avec tout ce que cela signifie comme contrôles en cette période d’attentats. Nous avons pu nous installer dans l’immense salle circulaire qui abritait jadis un mini-réacteur nucléaire. Il a été neutralisé et on nous a fait une démonstration scientifique pour nous prouver que le lieu était sans danger. Nous avons ajouté un dôme et un couloir-tube à la « E.T. » sur une plateforme surplombant le réacteur. Comme j’avais des centaines de mètres carrés de décor à traiter avec des moyens limités, j’ai demandé au chef opérateur de laisser une partie du site dans l’ombre, tout en l’assurant que j’allais lui apporter des textures. J’ai étalé des kilomètres de bâches plastiques dans le décor, parfois en les drapant, parfois en les empilant en plusieurs épaisseurs, et je les ai soulignées avec des vaporisations de poudre simulant la poussière afin de créer des volumes avec presque rien.

Quels sont les autres décors principaux ?

Pour les habitations de Camille et de Leila, nous sommes partis de vrais appartements loués par la production que nous avons réaménagés en créant de nouveaux morceaux de murs, en repeignant les parois existantes, et en déménageant tous les meubles pour les remplacer par ceux que nous avions choisis. Après, nous les avons rendus en parfait état à leurs propriétaires, avec des couches de peintures fraîches conformes à l’aspect initial.

Avez-vous conçu des décors dans l’intention de recourir à des extensions en 3D pour les plans larges ?

Oui, notamment dans un décor d'hôtel. Aucun des grands palaces parisiens ne voulait accueillir le tournage d’un film à petit budget sans acteur connu. L’hôtel Tiara de Chantilly a accepté de nous recevoir, mais comme son hall était petit, nous avons installé un grand fond vert à l’arrière, afin de créer de nouvelles perspectives plus grandes au-delà. Nous sommes intervenus aussi sur l’extérieur du bâtiment, qui est entouré d’un grand parc. Dans le film, il a été incrusté dans la ville de Serris, avec des ajouts de volumes dont nous avions relevé les mesures et que nous avons confiés à l’équipe des effets visuels.

La suite de notre dossier consacré à « SEULS » sera bientôt publiée sur ESI. Bookmark and Share


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