<
 
.

[Star Wars] Dernières nouvelles de la galaxie lointaine – 2ème partie
Article Cinéma du Lundi 15 Mai 2017

Une complication inattendue

Même si l’information n’a jamais été officiellement confirmée, nous savons que l’intrigue du second film dérivé, annoncé au printemps 2014, devait tourner autour des aventures du chasseur de primes Boba Fett. Introduit en 1978 dans l’inénarrable émission TV Star Wars Holiday Special (Au temps de la guerre des étoiles), Boba Fett fit une apparition remarquée (et mutique) dans L’Empire contre-attaque (1980), avant de disparaître dans la gigantesque bouche du Sarlacc du Retour du Jedi (1983). Malgré sa faible présence à l’écran, il deviendra rapidement, auprès des fans, un personnage culte, qui échappera à la lente digestion du Sarlacc dans l’univers étendu, avant d’obtenir (malgré lui) un passé dans L’Attaque des clones (2002). Inutile de dire que ce personnage aurait pu parfaitement se fondre dans un western spatial, tel un Clint Eastwood d’une galaxie lointaine. En outre, l’un des derniers projets développés par George Lucas avant la revente de Lucasfilm, le jeu vidéo Star Wars 1313, mettait en scène le chasseur de primes entre les Épisodes III et IV de la saga cinématographique. La société disposait ainsi de tout un travail de préproduction, déjà réalisé, autour de ce personnage ! Au printemps 2015, Rogue One et le film Boba Fett devaient officiellement être présentés lors d’une convention Star Wars. Bien avant leurs tournages respectifs, de courts teasers sont concoctés pour chaque film. La présence de Gareth Edwards et Josh Trank est annoncée pour une conférence sur l’avenir de la franchise. Pourtant, seul le réalisateur de Rogue One sera finalement présent ; strictement aucune mention du film Boba Fett n’est faite. Et pour cause : à cette époque, Josh Trank se concentre sur la postproduction de la nouvelle adaptation des Quatre fantastiques. Un blockbuster dont le tournage s’est particulièrement mal passé. Simon Kinberg, producteur des Quatre fantastiques et du film Boba Fett, aurait été échaudé par cette expérience. «À partir d’un moment, vous développez simplement un sixième sens», expliquait Kathleen Kennedy. «Vous savez si quelque chose va fonctionner, ou non». Les aléas de la production des Quatre fantastiques auront vraisemblablement raison de l’enthousiasme de la productrice. «Il est nécessaire d’obtenir l’approbation de Kathy», ajoute Gareth Edwards. «Mais une fois que vous l’avez convaincu, vous devenez invincible». Josh Trank, lui, semble avoir conservé sa condition humaine. Quoi qu’il en soit, Lucasfilm et Josh Trank annoncent peu après leur séparation – à l’amiable, selon les deux parties. Les résultats au box-office des Quatre Fantastiques seront, eux, désastreux. Josh Trank ayant quitté le navire (contre son gré ? Le jeune cinéaste déclarera qu’il préférait finalement s’attaquer à des productions à petits budgets, mais plus personnelles), le projet Boba Fett prend du plomb dans l’aide. Lucasfilm ne tarde pas à modifier son planning ; le film prévu pour 2020 est avancé de deux ans. En juillet 2015, le studio annonce que le second dérivé sera donc consacré à Han Solo. Et plus exactement sur la manière qui lui a permis de devenir «le contrebandier et vaurien que rencontrèrent Luke Skywalker et Obi-Wan Kenobi dans la cantina de Mos Eisley». Nul doute que le film Boba Fett refera surface, tôt ou tard. Et qui sait, peut-être même dès ce mois-ci, lors de la convention Celebration organisée en Floride ?

Le passé d’un vaurien

Même si le film Han solo était originellement prévu pour 2020, Lucasfilm peut dévoiler, dès cet été 2015, l’identité des principaux membres de l’équipe de production. Ainsi la réalisation est-elle confiée au duo formé par Phil Lord et Christopher Miller (tous deux nés en 1975), qui se sont fait remarquer grâce à une succession de réussites tant critiques que publiques : le long-métrage d’animation Tempête de boulettes géantes (Cloudy with a Chance of Meatballs, 2009), la comédie d’action 21 Jump Street (2012) et sa suite 22 Jump Street (2014), ainsi que l’excellent film d’animation La grande aventure LEGO (2014). Des spécialistes de la comédie à succès au service d’un film consacré à Han Solo ? Voilà une proposition particulièrement alléchante (et diamétralement opposée à celle qui deviendra Rogue One), qui est amplifiée grâce à la participation de Lawrence et Jon Kasdan. Le père et le fils signeront le scénario du film. «C’est comme un voeu exaucé», avoue Christopher Miller. Inversement, le scénariste semble vouer une certaine admiration aux deux quarantenaires. «Lawrence fut ravi d’apprendre que Chris et Phil rejoignaient le projet», précise Kiri Hart, pour qui cette appréciation mutuelle est significative pour l’avenir du film. En réalité, le scénariste fit longtemps campagne auprès des responsables de Lucasfilm afin que le poste leur soit offert. «Lawrence fut particulièrement convaincant, comme seul lui peut l’être», ajoute Kiri Hart. «Il avait énormément confiance en eux. Il sentait qu’ils étaient les bonnes personnes pour ce projet». «Le résultat s’annonce fou, car ces gars sont étonnamment talentueux», déclare Lawrence Kasdan. «Vous ne savez jamais ce qu’ils vont faire ! Ce qu’ils ont réussi à faire, avec La Grande aventure LEGO, est fantastique».



Une belle dichotomie

Tous ont des liens profonds avec l’univers Star Wars. En 2014, Phil Lord et Christopher Miller avaient déjà invité Han Solo, Chewbacca et le Faucon Millenium à s’imbriquer au sein de La Grande aventure LEGO. «Ce film fait d’ailleurs désormais partie du canon de Star Wars», s’amusent les jeunes cinéastes. Pour l’anecdote, Christopher Miller fit également une discrète apparition dans l’édition spéciale de L’Empire contre-attaque, exploitée en 1997, car il réalisait à l’époque un stage au sein d’ILM. Or la préproduction du spin-off consacré à Han Solo, qui s’est étalée de 2015 (les quatre hommes discutant déjà du script en juillet) jusqu’à début 2017 (processus de casting compris), demande un effort conséquent au tandem. Qui a pourtant l’habitude de jongler entre leurs rôles de réalisateurs, scénaristes et producteurs. «Nous sommes soudainement devenus dix fois plus occupés que nous l’étions lorsque nous pensions que nous étions trop occupés. Et que j’allais mourir», plaisante Christopher Miller. «Désormais, au lieu de travailler sur des projets qui peuvent paraître stupides, nous travaillons sur un Star Wars ! » À l’instar de nombre de fans, les deux réalisateurs, qui n’avaient que cinq ans lors de la sortie de L’Empire contre-attaque, ressentent une tendresse particulière pour le personnage de Han Solo. «Je me retrouve un peu en lui», précise Phil Lord. «Il refuse de faire ce qu’on lui dit de faire. Et si on lui demande de rester dans son coin, cela va lui donner envie d’en faire plus. Han est particulièrement sarcastique, et pourtant déraisonnablement optimiste». Autant de traits de caractère qui expliquent l’attachement des fans pour le contrebandier au grand cœur. «Lorsque nous étions enfants, tout le monde souhaitait incarner Han Solo sur le terrain de jeu. Han est un non-conformiste, une crapule. Il est malin, mais pas trop. Il se présente comme quelqu’un de difficile, mais il finit toujours par prendre les bonnes décisions. Tout ceci explique pourquoi Han est l’un des personnages les plus emblématiques de tous les temps». «C’est génial de pouvoir faire un film sur un personnage qui est caractérisé par une telle dichotomie», ajoute Phil Lord.

La grande aventure

Mais qu’en est-il de l’intrigue du film ? À l’heure actuelle, nous savons simplement que Han, Lando Calrissian, Chewbacca et le Faucon Millenium seront de la partie, dans une aventure qui se déroulera une décennie après La Revanche de Sith (2005). Pour Lawrence Kasdan, les retrouvailles avec le contrebandier furent aisées. «C’est amusant, car je devais imaginer Han dix ans plus jeune, soit au début de sa vingtaine». Un certain nombre de questions se sont imposées d’elles-mêmes. «Comment était-il, avant de s’endurcir, avant qu’il ait vécu quelques revers ? Avant de se réfugier dans le cynisme ? Qu’est-ce qui l’a amené là ? » Œuvrer sur un film Star Wars, qui plus est consacré à Han solo, s’accompagne forcément d’une certaine pression. «On sait que le public répondra présent. La pression réside surtout dans la volonté de ne pas décevoir les gens. Nous espérons que ce film sera apprécié par les spectateurs, car tous les opus de la saga n’ont pas obtenu leurs faveurs». En outre, l’annonce de ce spin-off fut accompagnée par autant d’enthousiasme que de scepticisme. Le scénariste, lui, préfère rassurer les fans. «Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter. Nous n’allons pas montrer où Han est né, ni comment il a été élevé». Pour l’anecdote, nous avons failli retrouver Han Solo, âgé d’une dizaine d’années, en 2005. Lors de la production de La Revanche des Sith, George Lucas considéra l’idée de l’introduire aux côtés de Chewbacca, sur la planète Kashyyyk (seul le wookie apparaîtra finalement dans le film). L’illustrateur Iain McCaig sera d’ailleurs chargé de réaliser plusieurs esquisses de l’enfant. Cette idée sera heureusement abandonnée, et Han Solo n’échangera finalement aucune ligne de dialogue avec Yoda. Ce qui intéresse Lawrence Kasdan, ce sont les événements qui ont transformé un jeune homme en contrebandier cynique. Il note d’ailleurs que ce personnage continuer d’évoluer au cours de la saga. «Akira Kurosawa disait que les héros étaient ceux qui changeaient avec le temps, alors que la personnalité des méchants restait pétrifiée. Harrison Ford le montre bien dans Le Réveil de la Force ; Han n’a toujours pas décidé qui il est vraiment».

Autonomie narrative

Lawrence Kasdan revient également sur sa collaboration avec son fils Jon, né en 1979 et auteur des drames romantiques In The Land of Women (2007) et The First Time (2012). «Toute la saga Star Wars parle de générations, de pères et de fils. Parfois, les pères sont bons. Parfois, non. Travailler avec mon fils sur un Star Wars revêt une certaine importance. C’est un processus très stimulant et émouvant». En tout état de cause, les différents intervenants qui ont pu lire le script saluent ses qualités. «Il s’agit tout simplement du meilleur scénario d’un Star Wars que j’ai pu lire », s’enthousiasme Iain McCaig. «J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai fait toutes sortes de choses que vous devriez faire lors de la lecture d’un bon script». Selon le directeur de la photographie du film, Bradford Young (Selma, A Most Violent Year, Premier contact), Phil Lord et Chris Miller lui ont donné comme références un certain nombre de grands films américains. «Des œuvres qui me touchent sincèrement», précise-t-il. «Ils ont mentionné des films auxquels je suis émotionnellement très attaché, dont un en particulier. Cela m’a vraiment convaincu qu’ils souhaitent faire quelque chose de différent. Parce que si vous mentionnez ce film, cela montre que vous êtes courageux». Contrairement à Rogue One, qui dépend des événements d’Un Nouvel espoir et devait présenter toute une série de nouveaux personnages, ce second film dérivé bénéficie d’une autonomie narrative et du fait que tout le monde connaît déjà les protagonistes. «Le style de ce film sera proche d’un western», déclare Kathleen Kennedy. «Nous avons d’ailleurs discuté de l’œuvre du peintre Frederic Remington. Les couleurs primaires qui sont utilisées dans ses peintures définissent l’aspect et l’ambiance du film». Si Han Solo est un cowboy de la galaxie lointaine, le Faucon Millenium pourrait devenir son fier destrier. Or des rumeurs tenaces indiquent que l’intrigue tournerait justement sur la prise de possession du cargo le plus célèbre de la galaxie. Dans l’ancien univers étendu, Han Solo gagnait le Faucon lors d’une mémorable partie de Sabacc – un jeu proche du poker — qui l’opposait à Lando Calrissian. Le film pourrait nous offrir une scène similaire, avant d’expliquer pourquoi les deux anciens amis sont en froid lors de leurs retrouvailles, dans L’Empire contre-attaque. Un vol qui tourne mal ? Des trahisons ? Nous aborderons le casting du film dans la prochaine partie de ce dossier…



Rebels : Vers une saison 4

Après que la troisième saison de la série d’animation ait fait un bond temporel, l’intrigue ne se déroule plus que deux années avant Un Nouvel espoir. Cette saison fut marquée par le retour de Darth Maul, l’arrivée de Saw Gerrera (Forest Whitaker) – donc deux ans avant Rogue One – et du pilote Wedge Antilles, et la réintroduction d’un des meilleurs personnages de l’univers étendu, l’habile Thrawn. Outre une apparition inattendue d’Obi-Wan Kenobi, les derniers épisodes montraient surtout la véritable formation de l’Alliance rebelle, puisque Mon Mothma y faisait officiellement sécession avec de lancer un appel au rassemblement. Alors que la série approche doucement des événements de Rogue One, la quatrième saison, diffusée à partir de l’automne prochain, sera aussi la dernière.

Star Tours : L’Aventure continue à Paris !

À l’occasion du 25e anniversaire de Disneyland Paris, une nouvelle version de l’attraction Star Tours a ouvert ses portes le 26 mars dernier. Ce simulateur de vol spatial offre désormais plus de 70 combinaisons (aléatoires) de voyages possibles, de Hoth à Tatooine en passant par Naboo, Kashyyyk, Coruscant et Jakku. Et les planètes de l’Épisode VIII devraient être ajoutées peu après la sortie du film. Star Tours : L’Aventure continue représente donc une expérience qu’aucun fan ne peut manquer ! Notons que l’attraction originale – dont le dernier vestige, à Paris, a fermé l’année dernière – aurait fêté ses trente ans en janvier. Et depuis le 6 mai, le «roller coaster» Space Mountain est devenu Star Wars : Hyperspace Mountain. Si le bâtiment conserve son architecture inspirée de l’œuvre de Jules Verne, et si le parcours reste inchangé, des écrans vidéo, associés aux musiques des films, permettront de hurler au beau milieu d’une bataille spatiale, au-dessus de la planète Jakku.

Bookmark and Share


Fantasy Attraction Arthur, l'aventure 4D
.