Dossier WONDER WOMAN 1984 : Entretien avec la co-scénariste, productrice et réalisatrice Patty Jenkins – 1ère partie
Article Cinéma du Vendredi 28 Aout 2020

Par Pascal Pinteau

La princesse amazone traverse le temps

Après les épreuves de la guerre de 14-18, Diana Prince découvre les paillettes et l’ambiance clinquante des années 80 dans cette deuxième aventure en solo.


Le vif succès critique et publique remporté par le premier WONDER WOMAN (822 millions de dollars de recettes au boxoffice mondial), a permis au tandem Gal Gadot / Patty Jenkins de préparer un nouvel opus en ayant carte blanche. L’actrice a gagné au passage de nouveaux (super)pouvoirs, puisqu’elle est devenue l’une des productrices du film, ce qui lui permet de contribuer aux prises de décisions importantes. En faisant un bond de 70 ans dans le temps pour passer des tranchées boueuses de la première guerre mondiale à l’époque des survêtements fluorescents, du Walkman et des boules à facettes, la réalisatrice et co-scénariste Patty Jenkins a choisi une histoire au ton résolument plus léger.

On ne s’étonnera donc pas de trouver au générique de WONDER WOMAN 1984 l’excellente Kristen Wiig, dont le talent comique fit merveille dans la fameuse émission SATURDAY NIGHT LIVE, pouponnière de toutes les stars américaines de l’humour depuis 1975. Après avoir chassé les spectres dans le reboot au féminin de SOS FANTOMES, Wiig incarne ici l’une des ennemies les plus célèbres de Wonder Woman : Cheetah (Guépard en anglais) apparue dès 1943 dans les aventures de l’amazone, puis réinventée plusieurs fois au fil des ans. Patty Jenkins a jeté son dévolu sur la troisième version du personnage, toute récente, puisqu’elle est issue de la série de BDs DC REBIRTH, publiée depuis mai 2016 aux USA.

Une ennemie toutes griffes dehors

Dans ce contexte, Barbara Ann Minerva est une archéologue britannique spécialiste des civilisations et des langues antiques, et accessoirement l’héritière d'une vaste fortune. Elle entretient des rapports amicaux avec Diana Prince. Mais tout change au cours d’une de ses expéditions en Afrique, car Barbara découvre qu’un rituel magique peut la rendre immortelle et lui donner des pouvoirs surhumains empruntés aux guépards. Dénuée de tout scrupule, elle accepte que Chuma, le grand prêtre de la tribu, tue son collègue et compagnon de voyage le docteur Leavens, car il lui faudra boire le sang d’une victime sacrificielle au cours de la cérémonie. Cet horrible forfait accompli, Barbara se retrouve effectivement dotée d’une force et d’une rapidité incroyables (le guépard est le mammifère le plus rapide au monde, dépassant les 100 KMH en pleine course !), et peut contrôler les actions des animaux. Quand elle utilise ses pouvoirs, elle se métamorphose en Cheetah, femme-fauve aux traits félins et à la peau couverte de fourrure tachetée. Obsédée par le lasso de vérité de Wonder Woman, elle va imaginer différents plans pour s’en emparer. Mais cette redoutable créature n’est pas la seule adversaire que notre héroïne va croiser dans ce nouveau film.

Un autre méchant emblématique de DC y fait son apparition : Maxwell Lord, brillant homme d’affaire qui dirige une énorme multinationale. Lord est également un méta-humain, dont les pouvoirs télépathiques lui permettent d’influencer l’esprit de gens. On l’a même vu contraindre Superman à se battre contre Batman et Wonder Woman au cours d’un récit de BD resté fameux. Dans le film que nous nous allons découvrir, c’est Pedro Pascal qui l’incarne. L’acteur d’origine chilienne reste décidément fidèle au Fantastique puisqu’on a pu l’apprécier successivement dans GAME OF THRONES et le film de SF PROSPECT et enfin tout récemment dans la série-événement LE MANDALORIEN dont il joue le rôle-titre entièrement dissimulé sous son casque et son armure ! Ne reste plus qu’à patienter jusqu’au 12 août pour découvrir l’aboutissement du travail de la talentueuse équipe réunie devant et derrière la caméra.

Entretien avec Patty Jenkins, productrice, co-scénariste et réalisatrice.

C’est le deuxième volet de WONDER WOMAN que vous réalisez. Qu’est-ce qui vous attire autant dans ce personnage et vous donne envie de continuer à raconter son histoire ?


Eh bien généralement, les personnages de DC sont des héros-nés. Au cours de leurs aventures, on découvre comment ces êtres qui ont été dotés d’emblée de grands pouvoirs évoluent peu à peu, en apprenant comment les utiliser de la meilleure manière. Ils doivent surmonter de nombreuses épreuves pour y parvenir, et rien n’est définitivement acquis. Pour réussir, ils doivent apprendre et se remettre en cause. Ces thèmes de la manière de faire le bien et de ce que signifie être un héros m’attirent énormément. J’aime les films de super-héros, et en tant que réalisatrice, je crois qu’il faut non seulement aimer sincèrement s’y consacrer, mais aussi avoir envie de promouvoir les personnages iconiques dont on s’occupe. Cela représente beaucoup de responsabilités, mais je dois dire que cet exercice me paraît relativement aisé parce que je suis une grande fan de Wonder Woman. J’étais déterminée à bien la transposer sur le grand écran, et à respecter scrupuleusement l’esprit du personnage, car c’est extrêmement important à mes yeux.

Wonder Woman a été créée pendant la seconde guerre mondiale, cependant vous avez choisi de lui faire découvrir le monde des humains en 1917 dans le premier volet de cette saga. Parmi toutes les époques intéressantes qui ont suivi la guerre de 14-18, pourquoi votre choix s’est-il porté sur 1984 pour ce deuxième film ?

En fait, si j’avais été à l’origine de l’histoire du premier film, j’aurais pu songer à situer d’emblée l’action dans les années 80, parce que Wonder Woman est une super-héroïne très « eighties ». C’est à la fin des années 70, début des années 80 qu’elle est devenue bien plus célèbre qu’elle ne l’avait jamais été auparavant, même si effectivement on la connaissait dans les comics depuis 40 ans. Ce personnage est devenu une superstar grâce à la fameuse série télé avec Lynda Carter, et il a énormément marqué la culture populaire de cette époque-là. J’ai grandi en regardant les épisodes de cette série, et c’est la Wonder Woman que j’ai aimée. J’ai pris beaucoup de plaisir à réaliser le premier film dans le contexte de 1917, cependant j’avais hâte de concevoir des aventures pour « ma » Wonder Woman, en imaginant une version plus moderne d’elle. J’avais également envie de la montrer dotée de la pleine puissance de ses pouvoirs. Faire un plus grand bond dans le temps m’a plu car cela m’a également donné l’opportunité d’explorer comment elle avait mené sa vie entretemps, pendant ces quatre décennies.

La suite de notre dossier WONDER WOMAN 1984 arrivera aussi vite sur ESI que s’il était livré par Amazone. Bookmark and Share


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