Dossier WONDER WOMAN 1984 : Entretien avec la réalisatrice Patty Jenkins – 2ème partie
Article Cinéma du Vendredi 04 Septembre 2020

Par Pascal Pinteau

Comment la vie personnelle de Diana / Wonder Woman a-t-elle évolué quand nous la retrouvons ?

Diana vit et travaille dans le monde entier. Et en tant que Wonder Woman, elle se déplace partout pour apporter son aide, en préservant son identité secrète, et en agissant au mieux dans ce monde moderne. Certes il s’agit de la modernité d’il y a 36 ans, mais elle est cependant assez proche de nous pour pouvoir servir de métaphore, pour évoquer le monde dans lequel nous vivons actuellement sans avoir à être trop direct… Mais Diana est également seule.

Le temps qui s’est écoulé depuis sa première aventure signifie que tous ses alliés et toutes les personnes qu’elle avait aimées ont maintenant disparu…

Oui, et ce depuis longtemps. Diana est très isolée à ce point de vue. Avec le temps, elle a appris à vivre ainsi et à s’en faire une raison. Se lier à de nouveaux amis quand on est immortelle doit être terriblement difficile car on sait que les aiguilles de l’horloge tournent irrémédiablement, et qu’à un moment ou à un autre, ils vont forcément se demander pourquoi vous ne vieillissez pas, et poser des questions pour chercher à savoir davantage de choses sur vous. Diana a appris à garder ses distances, mais il y a un prix à payer pour cela.

Si Diana vit et agit en solitaire, de votre côté vous avez pu renouveler de fructueuses collaborations sur ce film, à commencer par celle avec Gal Gadot, bien sûr. Elle n’est plus seulement votre actrice principale, puisqu’elle est désormais votre collègue dans l’équipe des producteurs. Est-ce que cela a changé la manière dont vous travaillez ensemble ?

Pas vraiment. Nous avons toujours eu les mêmes préoccupations et les mêmes envies. Gal excelle dans tout ce qu’elle entreprend. Elle a un goût très sûr, un vrai sens de l’image, et nos visions des choses sont similaires. Cette fois-ci, nous avons tous été sur la même longueur d’ondes, parfaitement synchrones. Gal est ma partenaire la plus proche dans la création de ces films, et elle a été une excellente addition à l’équipe de production. Concrètement, cela n’a rien changé à notre collaboration, mais cela nous a permis d’avoir ce type de discussions dans un cadre plus significatif.

Que pouvez-vous nous dire sur cette nouvelle histoire et ses enjeux ?

Qu’il s’agit d’un conte traditionnel raconté sous la forme de l’aventure épique d’une super-héroïne, avec une super-distribution. C’est tout ce que je dirai, car moins les spectateurs en sauront, plus nous aurons de chances de les surprendre agréablement. Je peux simplement ajouter que nos deux méchants sont vraiment typiques de notre époque moderne, même si l’action se déroule dans le passé.

Cheetah a-t-elle toujours été l’une des ennemies de Wonder Woman que vous préférez ?

Absolument ! J’ai eu de la chance, d’ailleurs, car tout comme Arès, que l’on a vu dans le premier film, Cheetah et Maxwell Lord sont eux aussi des personnages formidables.

En créant cette histoire, l’un de vos objectifs était-il d’inclure vos méchants favoris ?

Oh oui. Pour moi, penser ‘Cheetah doit être sa prochaine adversaire’ était presque un réflexe automatique ! Mais pendant que nous faisions évoluer notre histoire, nous nous sommes rendus compte que Max Lord est connu pour tirer les ficelles en coulisses et agir sur le déroulement des événements dont il peut tirer profit. Et quand il se dévoile, il est généralement trop tard, et vous vous retrouvez vraiment dans une situation épouvantable. Max crée toujours le chaos, et nous avons pensé qu’il serait le parfait catalyseur pour tout ce qui pouvait mal tourner. Il a d’ailleurs souvent joué ce rôle-là dans les bandes dessinées. Il n’est pas le protagoniste principal de l’histoire, mais ses actions impactent quand même fortement tous les super-héros qui interviennent. Max Lord est vraiment un homme dangereux.

Pouvez-vous nous parler de la manière dont vous avez travaillé avec Kristen Wiig et Pedro Pascal sur leurs rôles respectifs ?

Collaborer avec eux a été un délice. Ce sont des acteurs remarquables, que j’ai suivis et admirés depuis leurs débuts. Ils se sont glissés dans leurs rôles comme dans des costumes faits sur mesure, ont suggéré beaucoup d’idées pour développer leurs personnages, et sont devenus aussi d’excellents amis. Nous nous sommes tous si bien entendus que ce tournage a été un véritable plaisir.

Aviez-vous imaginé de faire revenir Chris Pine dans le rôle de Steve Trevor dès que vous avez commencé à concevoir cette histoire ?

Je dois dire que oui. Pas seulement pour avoir le plaisir de revoir Chris et de retravailler avec lui, mais parce que cette perspective du retour de Steve Trevor s’est imposée comme une partie inhérente de l’histoire. C’était très agréable de disposer d’une porte ouverte, pour qu’il puisse être là.

L’un des autres éléments intéressants de l’histoire que vous avez imaginée concerne Diana, qui est physiquement vulnérable pour la première fois, ce qui n’était pas le cas dans le film précédent…

Si l’on consulte ses aventures dans les bandes dessinées, on se rend compte que Diana n’a jamais été entièrement à l’abri des multiples formes de dangers qu’elle doit combattre. Ce qui peut tout faire basculer, c’est la raison pour laquelle elle devient vulnérable, et le moment précis où cela se produit. On peut comparer cette situation à la manière dont la Kryptonite agit sur Superman. Il y a des moyens et des méthodes que les méchants peuvent employer pour blesser ces super-héros, et comme nous découvrons Wonder Woman au sommet de sa puissance, voir ses pouvoirs remis en cause était une situation absolument passionnante à raconter.

La suite de notre dossier WONDER WOMAN 1984 arrivera aussi vite sur ESI que s’il avait été écrit par Flash. Bookmark and Share


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