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Exclusif : Dans les coulisses de Legacy Effects – Troisième partie
Article 100% SFX du Mardi 08 Septembre 2009

Troisième partie de notre reportage dans le nouveau studio d’effets spéciaux de maquillage fondé par la formidable équipe de Stan Winston (retrouvez la seconde partie ici).

C’est à la fin du mois de Mars 2009 que nous nous sommes rendus à Los Angeles, dans les locaux flambants neufs de Legacy Effects, pour y retrouver John Rosengrant, que nous avions eu le plaisir de le rencontrer en août 2008 sur le tournage de Terminator Renaissance. Il évoque sa carrière, et les projets actuels et futurs du studio.


Entretien avec John Rosengrant

Propos recueillis et traduits par Pascal Pinteau

Vous pensez que maintenant, la plupart des professionnels du cinéma ont compris que les effets 3D n’étaient pas la réponse universelle à tous les problèmes ?

Je crois qu’aucune technique ne peut être la solution universelle. La clé de la réussite, c’est une bonne analyse du script et un choix avisé des meilleures solutions pour chaque plan. C’est aussi notre rôle d’aider le superviseur et le réalisateur à choisir la meilleure solution, même si cela consiste à leur dire « dans ce cas-là, un effet 3D sera le bon choix ». Quand vous devez produire 900 plans d’effets spéciaux pour un film, si vous pouvez en tourner 100 ou 200 directement au moment du tournage, devant la caméra, vous allégez déjà énormément le fardeau des équipes chargées de la post-production.

C’est d’autant plus important que pendant la plupart des tournages, on se rend compte que l’on a besoin de plus de plans truqués que prévu. Il n’est pas rare qu’on en ajoute 50 ou 100 de plus, alors que les délais de réalisation des effets visuels sont déjà très serrés…

Oui. C’est un des avantages supplémentaires que nous pouvons offrir au réalisateur. S’il se rend compte qu’il a besoin de plans supplémentaires, nos maquillages et nos personnages sont immédiatement à sa disposition, sans que cela n’alourdisse le budget. Dans le cas du costume du T-600 que portait Brian Steel, et qui était composé de pièces métalliques posées sur un costume bleu, recouvert de vêtements en lambeaux, nous avons pu utiliser le meilleur de la performance de l’acteur, et les avantages du gommage du bleu incrustation via les effets numériques, pour donner l’impression que l’on voyait le décor au travers de certaines parties de son corps. J’ai vu le résultat des plans terminés par ILM, et le résultat est très impressionnant, très convaincant.

Les premières projections de la version provisoire de Terminator Renaissance ont été accueillies avec beaucoup d’enthousiasme. Alors que cela est très rare, les producteurs ont déjà annoncé la préparation d’une suite, avant même la sortie du film. Est-ce que cela veut dire que Legacy Effects a déjà été contacté pour travailler sur de nouveaux concepts ?

Pas encore ! J’attends qu’ils nous appellent ! (rires)

Comment comptez-vous aller encore plus loin dans la sophistication des effets de maquillage et d’animatronique ?

Nous nous posons constamment cette question. Le public devient de plus en plus exigeant. Il lit les articles des magazines, regarde les documentaires consacrés aux effets spéciaux que proposent les DVDs, et une bonne partie des spectateurs sait globalement comment les choses sont faites. Je me souviens que mes enfants, quand ils étaient petits, me disaient quelquefois, en regardant un film « Oh la la, ces trucages sont nuls, Papa ! » (rires). La plupart des spectateurs actuels ont grandi en revoyant les mêmes films encore et encore en vidéo. Ils ont eu le temps d’analyser les techniques des effets spéciaux. Cependant, ces dernières années, nous avons pu constater que les budgets et les délais de fabrication alloués aux effets spéciaux ont nettement diminué et diminuent encore, tandis qu’on exige toujours de nous l’excellence du résultat. On avait coutume de dire qu’à Hollywood, on pouvait faire des films à partir de deux de ces trois options : « Qualité, Rapidité, Petit budget ». Aujourd’hui, on ne se contente plus de deux options sur trois : on veut les trois en même temps ! (rires) Voilà ce qui nous oblige à nous surpasser : il faut arriver à livrer un travail de la plus haute qualité en un temps réduit, et pour un coût très raisonnable. L’ordinateur nous a aidé à aller dans ce sens, grâce au design 3D et à la stéréolithographie. Certains éléments qui nécessitaient plusieurs mois de sculpture il y a quelques années peuvent être réalisés aujourd’hui dans des délais beaucoup plus courts.

Pourquoi les délais et les budgets alloués aux effets spéciaux diminuent-ils ainsi ? Pensez-vous que c’est parce que l’on continue à trop payer les acteurs-vedettes, ou parce qu’il y a trop de producteurs qui interviennent sur le même film ? Trop de dépenses inutiles qui ne se voient pas forcément à l’écran ?

Je ne pourrais pas vous le dire. C’est peut-être un mélange de toutes ces raisons, ajouté aux conditions économiques actuelles… En tous cas, ce que je constate, c’est que tous les postes des films ont tendance à augmenter, sauf les budgets qu’on me réserve ! (rires)

L’année dernière, quand nous nous étions rencontrés sur le tournage de Terminator Renaissance, nous avions été surpris d’apprendre que vous tourniez encore de nouvelles scènes pour Avatar. Et aujourd’hui, vous nous apprenez que le tournage continue !

Il reste encore un certain nombre de plans en prises de vues réelles qu’il faut tourner…et je ne peux même pas commencer à vous dire quoi que ce soit à leur sujet, sinon Jim Cameron et John Landau me tueraient ! (rires)

De toute évidence, vous travaillez sur les extraterrestres du film…

Nous travaillons sur certaines choses pour le film…(rires) et je serais ravi de vous en parler en détail dans quelques mois, dès que j’aurai la permission de le faire ! C’est un projet très excitant. Jim, une fois de plus, s’apprête à dépasser tout ce qui a été fait auparavant. Il est en train de créer quelque chose que l’on n’a jamais vu en réalisant Avatar. Je ne sais pas si d’autres gens pourront s’inspirer de ce qu’il fait actuellement pour créer d’autres films ainsi, car la préparation et le mode de réalisation d’Avatar a été extrêmement complexe. Ce film sera à coup une date dans l’histoire du cinéma.

Pensez-vous que ce sera un choc visuel aussi fort que l’a été Terminator 2 au début des années 90 ?

J’en suis convaincu. Ce sera un événement. Avatar est d’abord une excellente histoire, les acteurs sont formidables, Jim est un des plus grands réalisateurs actuels…Je suis très fier de participer à ce projet.

Quelles sont les qualités principales qu’une société d’effets spéciaux doit posséder aujourd’hui pour rester au sommet ?

Une excellente équipe, bien organisée, prête à se donner à 110% pour livrer le meilleur travail possible, en respectant le budget et les délais alloués par la production. Je crois qu’il est important aussi de savoir se diversifier, comme nous l’avons fait en créant notre division dédiée aux spots publicitaires et notre département 3D. Il faut initier de la recherche et du développement, tester les nouveaux matériaux quand ils apparaissent, et obtenir constamment de nouvelles commandes, afin de garder les mêmes collaborateurs expérimentés au fil des ans. Il faut que la machine qu’est le studio soit bien huilée et fonctionne parfaitement, sans interruption.

Est-ce qu’une équipe est chargée de tester systématiquement les nouveaux produits ?

En fait, nous portons tous plusieurs casquettes ici. La plupart des membres de notre équipe savent faire plusieurs choses, ce qui leur permet de prêter main forte à leurs collègues quant un travail particulier doit être terminé de toute urgence. Pour prendre l’exemple d’un peintre, nous considérons que son métier est non seulement de savoir très bien peindre, mais aussi de connaître tous les nouveaux équipements qu’il peut utiliser, ainsi que les nouvelles peintures de toutes sortes, et leurs composants. C’est ainsi qu’il pourra développer tout son potentiel au sein de notre équipe. Nous avons appris à utiliser de nouvelles matières à base d’uréthane pour Iron Man, et avons mis au point les peintures qui allaient avec, et nous avons poursuivi ces recherches en les poussant plus loin sur Terminator Renaissance. Grâce à ces recherches, les pièces en uréthane de l’armure d’Iron Man avaient une apparence de métal recouvert de peinture métallisée, tandis que dans Terminator Renaissance, les machines ont un aspect d’acier rouillé. En ce moment même, pour créer les nouvelles armures d’Iron Man 2, nous appliquons nos découvertes les plus récentes. C’est un processus constant. Comme nous en sommes conscients, nous nous sommes laissés du temps pour bien réfléchir à ce que nous pourrions mettre au point pour Iron Man 2, avant de commencer à travailler.

Allez-vous avoir autant de choses à fabriquer pour Iron Man 2 que pour le premier épisode ?

Oui, et probablement même un peu plus ! Nous ne nous y attendions pas vraiment, mais c’est un film qui va nous procurer beaucoup de travail, notamment pour la mise au point de nouvelles armures…et d’autres choses dont nous aurons l’occasion de reparler ! (rires)

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