Exclusif ESI : Avatar version longue - Dans les coulisses de Weta Digital
Article Cinéma du Mardi 04 Janvier 2011

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Rencontre exclusive avec les concepteurs du film de tous les records, et révélations sur Avatar  2 & 3

Propos recueillis et traduits par Pascal Pinteau



Nous nous sommes rendus récemment de l’autre côté de la planète, à Wellington, en Nouvelle-Zélande, pour rencontrer l’équipe de Weta Digital qui venait d’achever les nouvelles séquences de la version longue d’Avatar sous la direction de James Cameron, du producteur Jon Landau et du superviseur des effets visuels Joe Letteri.
Tout comme l’atelier de Weta Workshop, situé dans le même quartier résidentiel paisible, les locaux de Weta Digital sont banalisés pour échapper à la ferveur de fans trop curieux. Ici, ce qui frappe d’emblée, c’est la décontraction de l’accueil. Pas de grilles métalliques à l’entrée, et pas plus de gardes à la mine patibulaire que de barrières, juste une allée accessible depuis la rue, qui permet aux véhicules de s’arrêter devant le perron d’un grand bâtiment. Le contraste avec les dispositifs de sécurité des studios américains est saisissant. Il est vrai que la Nouvelle-Zélande est l’un des pays qui jouit du plus faible taux de criminalité au monde, et que l’amabilité de ses habitants n’est pas une légende. Une fois la porte franchie, nous nous retrouvons dans un grand hall décoré à la manière de l’architecte américain Frank Llyod Wright : les ornementations des murs sont agencées selon des lignes géométriques élégantes, et les parois sont jalonnées de fenêtres ornées de vitraux aux pièces de verre biseautées, rehaussées de petites touches de couleurs. Une grande cheminée est entourée par un large canapé en cuir et plusieurs fauteuils. Sur les murs, nous remarquons plusieurs très belles affiches de cinéma anciennes. Si nous ne nous trouvions pas à Wellington, nous pourrions nous croire en train d’arpenter les couloirs du Skywalker Ranch de George Lucas, tant la décoration de l’antre de Peter Jackson est similaire : même style architectural et même collection d’affiches de films ! Pour la première partie de cette visite, nous sommes accueillis par Jon Landau, le producteur d’Avatar  et de Titanic, qui peut se targuer d’avoir à son actif les deux plus gros succès de l’histoire du cinéma. Aussi sympathique qu’à l’accoutumée, Jon Landau nous entraîne dans la splendide salle de projection à l’ancienne de Weta Digital, décorée comme il se doit par les artisans de Weta Workshop. Sous un ciel d’étoiles scintillantes, un décor de façades de maisons et de cariatides portant des torches donne l’impression de se retrouver à l’intérieur d’un des « palais du cinéma » du début du 20ème siècle. Le lieu idéal pour voyager dans l’univers imaginaire de Pandora ! Jon Landau prononce quelques mots pour expliquer l’origine du projet de cette version longue. Contrairement à d’autres cinéastes qui ont réintégré dans leur film des scènes destinées à être coupées pour obtenir une version plus longue, James Cameron avait d’emblée prévu de finaliser les scènes que nous nous apprêtons à découvrir, mais avait dû y renoncer, faute de temps, avant la sortie en salle d’Avatar. La Fox ignorant si le film allait remporter le succès espéré, Cameron n’avait pas voulu porter la durée du film au-delà de 162 minutes, pour ne pas diminuer encore le nombre de séances quotidiennes dont sa dernière création pourrait bénéficier. Sur ce, Jon Landau nous montre deux des scènes sacrifiées à regret, et aujourd’hui réintégrées dans cette « extended edition ». La première est le début du film, qui montre Jake Sully sur terre, dans une rue surpeuplée, sans aucune végétation, aux immeubles tapissés de publicités holographiques. Sully mène une existence solitaire, cherchant un peu d’excitation en se bagarrant dans un bar, malgré son fauteuil roulant, avec une brute qui ennuie une jeune femme. Ejecté dans la rue, sous une pluie battante, Sully est interpellé par deux hommes qui lui apprennent que son frère jumeau est mort. Le reste de la scène raccorde avec ce que l’on connaît déjà, mais cette description d’une terre déshumanisée, bétonnée et mercantile permet de mieux comprendre la décision de Jake Sully de partir vers le monde verdoyant et dangereux de Pandora. Second choc : une prodigieuse scène de chasse. On y voit les Na’vi attaquer des Sturmbeasts, énormes mammifères qui vivent en troupeaux. Les animaux poursuivis se lancent dans une course éperdue au travers d’une rivière, tandis que les Na’vi les talonnent sur leurs montures ou les survolent à dos de reptiles volants. La maestria de Weta laisse pantois : outre l’animation des personnages des Na’vi et des Sturmbeasts, les effets d’éclaboussures dans l’eau, puis dans la boue, quand les mastodontes criblés de flèches s’écroulent sur les berges, sont d’un réalisme bluffant.  Jon Landau poursuit son exposé et nous explique que toutes les scènes que James Cameron voulait inclure dans sa version personnelle d’Avatar  ont été finalisées dans cette version longue qui réserve encore bien d’autres surprises, puisqu’elle compte 16 minutes de séquences additionnelles. En revanche, les scènes qui ont été coupées parce qu’elles devaient décidément l’être sont présentées uniquement sous la forme de scènes animatiques, en images 3D schématiques, dans une section à part des bonus du film. A la suite de cette intervention, Jon Landau nous retrouve pour faire le point sur l’événement que constitue cette version longue, mais aussi sur ce que nous réserve Avatar 2 et 3….

Découvrez la première partie de l’entretien avec Jon Landau dans la suite de notre reportage, très prochainement !

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