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[Archives] Tutorial : Moulage d’une créature en résine polyester stratifiée – Première partie
Article Tutoriaux du Vendredi 18 Mars 2016

ESI vous propose aujourd’hui de découvrir comment réaliser un moule simple (en une seule partie) d’une sculpture en plastiline en vue de réaliser un tirage en silicone.

Par Laurent Zupan

Avant d’attaquer : ATTENTION ! Les produits que nous allons utiliser aujourd’hui sont dangereux, à différents niveaux :

- Le vernis polyuréthane, le démoulant, le gel-coat et la résine polyester sont tous nocifs par inhalation et contact cutané : PORTEZ DES GANTS, UNE BLOUSE ET SURTOUT, UN MASQUE A CARTOUCHE (filtrant vapeurs et gaz).
-La fibre de verre, sous forme de verrane, de tissé ou de mat est dangereuse pour vos yeux, vos poumons et peut causer des désagréments cutanés : PORTEZ DES GANTS, DES LUNETTES DE PROTECTION ET UN MASQUE (à cartouche ou anti-particules)
- Travaillez dans un local bien ventilé et pensez aux autres : si votre santé est importante, celle de vos proches l’est tout autant !

Votre sculpture en plastiline étant terminée (photo 1), nous allons la protéger à l’aide d’un vernis robuste : le G4. Ce vernis polyuréthane sera vaporisé à l’aide d’un aérographe (photo 2). Nous avons jeté ici notre dévolu sur ce vernis très costaud car la plastiline de cette sculpture est très souple (40 shores) et de fait, sensible au moindre contact. En utilisant une plastiline plus ferme (50 shore ou plus) ou de la Chavant Medium, un vernis acrylique en spray fera parfaitement l’affaire, ce qui sera également beaucoup plus safe : en effet, le G4 est fortement nocif par inhalation, d’autant plus s’il est vaporisé à l’aérographe.

A présent, nous allons entourer notre sculpture d’une digue en terre qui permettra de réaliser un bord de moule à angle droit (photos 3 et 4). Dans le cas présent, il n’était pas possible de rabaisser cette sculpture au niveau du plan de travail en raison de sa structure interne et si notre moule ne s’arrête pas correctement au niveau des oreilles, ces dernières seront trop difficiles à démouler.

Un coup de G4 sur la terre (au pinceau ou à l’aéro) protègera le gel-coat de l’humidité (photo 5) et une couche de cire liquide (au pinceau ou à l’aéro) facilitera le démoulage (photo 6).

Photo 7 : le gel-coat de la marque Soloplast se présente sous la forme d’un gel rosé transparent. Son catalyseur est nocif ! Soyez donc prudent en le dosant. 2 à 3% de catalyseur seront ajoutés à une dose de gel-coat (photos 8 et 9) et ce dernier sera appliqué sur toute la sculpture (photos 10 et 11). Soyez très vigilant de bien appliquer le gel-coat partout ! Si vous laissez un trou quelque part, la résine (plus liquide) risque de s’infiltrer entre la couche de gel-coat et la sculpture, ce qui causerait des imperfections fâcheuses et difficilement rattrapables.

Préparez, durant le durcissement du gel-coat, de petits carrés de verrane. Ce tissé de verre très souple vous permettra de renforcer votre moule en s’adaptant à ses formes tourmentées. Préparez une dose de résine Soloplast, catalysée au même pourcentage que le gel-coat. Vous constaterez que la résine change de couleur après catalyse, passant du bleu au bleu-vert. C’est ce qu’on appelle le « contrôle optique » de cette marque de résine, très pratique pour être certain d’avoir catalysé correctement. Imprégnez la verrane au pinceau sur un carton avant de poser le morceau imbibé sur le gel-coat (photos 12 et 13) en tapotant doucement au pinceau pour chasser les bulles d’air. Vous noterez que le gel-coat était resté poisseux au touché : c’est normal. Ce produit reste collant au contact de l’air, on dit qu’il est « amoureux » (merci à Gilles pour cette expression si romantique !)

La surface de votre moule est maintenant couverte de verrane (photos 14 et 15) et nous allons maintenant passer au mat de verre, plus robuste. De même que pour l’étape précédente, imprégnez de petits morceaux de mat avant d’appliquer sur le moule (photos 16 et 17) et en couvrir toute la surface (photo 18). Recommencez ainsi sur deux couches et profitez que la résine est encore tendre pour couper les rebords du moule au cutter (photo 19).

Photo 20 : séparez votre moule de la table (facile, grâce au rebord en terre !) et placez le tout au four (photo 21) pour achever le durcissement de la résine et ramollir la plastiline à 60 ou 70°C.

Après ce passage au four, poncez soigneusement la surface de votre moule (photos 22 et 23). En zappant cette étape, vous pouvez être quasi certain d’attraper de méchantes échardes de verre dans les mains… C’est très douloureux, et parfois l’écharde reste profondément dans la plaie, ce qui peut nécessiter une intervention médicale. Pensez-y…

Photos 24 et 25 : ôtez la terre tout autour de la sculpture.

Photo 26 : cette pellicule entre la résine et la terre est le G4 qui, grâce au démoulant, se décolle aisément. La plastiline encore chaude vous permettra de tout démouler facilement (photo 27).

N’oubliez pas de récupérer les yeux en verre (photo 28) avant de vous coltiner l’étape la plus pénible : le nettoyage du moule. Utilisez pour cela un outil en bois pour le gros du travail (photo 29) et de l’essence F pour les finitions.

Le tirage de la pièce en silicone sera abordé dans un prochain sujet, c’est promis !

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