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Le Hobbit: un voyage inattendu : Entretien exclusif avec Martin Freeman (Bilbo) – Troisième partie
Article Cinéma du Lundi 04 Fevrier 2013

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Propos recueillis et traduits par Pascal Pinteau

Quelles sont les difficultés liées au fait de jouer un hobbit jour après jour ? Il y a non seulement les procédures de maquillage chaque matin, mais aussi les effets spéciaux « devant la caméra » et la préparation des effets visuels qui doivent vous rapetisser…

Mon maquillage de hobbit était assez simple comparé à celui des nains. Je passais seulement une heure et quart dans la loge, pour que l’on pose mes oreilles, ma perruque et que l’on maquille mon visage. Ensuite, j’enfilais mes pieds de hobbit un peu comme une paire de bottes, et la transformation était achevée. Mon costume était pratiquement toujours le même, car Bilbo n’a pas l’occasion de changer de tenue pendant son voyage. Nous utilisions seulement des versions différentes de la même tenue, à différents degrés de saleté et de décrépitude ! (rires) Il y avait aussi des copies de la tenue pour les scènes où j’évolue dans l’eau, des versions plus grandes pour me permettre de porter un harnais et d’être attaché à des câbles, etc. Je dois dire que dans l’ensemble, cela n’a pas été très contraignant. Et même si cela avait été le cas, qu’importe : je suis un acteur professionnel et cela fait partie du job pour lequel je suis payé. Bien sûr, cette routine qui vous oblige à vous lever très tôt le matin semble plus pénible certains jours que d’autres, surtout quand la journée de tournage précédente a été longue et fatigante, mais comme je le disais, vous êtes payé pour en passer par là et pour arriver sur le plateau en étant prêt à jouer et en connaissant parfaitement votre texte. Et bien sûr, comme dans toutes les circonstances de la vie, même quand on se trouve sur le plateau d’un tel film, il y a des journées passionnantes et des journées où l’on ennuie un peu, et où l’on se sent fatigué… C’est normal.

Pardon pour cette question un peu naïve, mais est-il facile de marcher avec de longs et grands pieds de hobbit en silicone ?

Pas spontanément ! (rires) Mais on apprend à le faire… Au début, quand vous enfilez ces étranges prothèses/bottes, vous avez l’impression de porter des palmes pour faire de la natation. (rires) Vous marchez aussi un peu comme un scaphandrier, en soulevant exagérément les pieds et en pliant beaucoup les genoux par crainte de trébucher sur un obstacle et de tomber. Au bout d’un moment, vous prenez l’habitude de faire spontanément des enjambées qui correspondent à la longueur de vos nouveaux pieds, et comme vous vous détendez, vous parvenez à vous déplacer de manière plus naturelle. Mais je n’y suis pas arrivé du jour au lendemain, loin de là. Il a d’abord fallu que je m’entraîne et que je reste très vigilant pour éviter de m’étaler pendant une prise.

Portiez-vous ces faux pieds dans tous les plans ?

Non. Seulement quand ils allaient être visibles dans le cadre. Ces pieds de hobbits sont remarquablement bien faits et plutôt solides, mais ils s’abîment forcément quand on marche sur des cailloux, des branches ou de la terre un peu humide pendant des heures. On évite donc de les utiliser si on ne les voit pas.

Est-ce que vous vous retrouvez un peu dans le côté aventurier de la personnalité de Bilbo ? Vous avez vous-même exercé votre métier d’acteur loin de chez vous, avec une certaine d’audace, par exemple en jouant au Japon en 2007 la pièce de théâtre The Last Laugh (Le Dernier Rire), adaptation en anglais d’une œuvre de l’auteur japonais Koki Mitani. C’était assez risqué d’essayer de franchir ainsi la barrière de la langue devant un public majoritairement non anglophone, surtout en interprétant un auteur de comédie !

(rires) Certes, mais le texte original , remarquable, avait été magnifiquement adapté en anglais par Richard Harris, un grand scénariste de télévision auquel on doit des épisodes de séries cultes comme Chapeau Melon & Bottes de Cuir et Le Saint. Il s’est intéressé au théâtre à partir des années 70. Quand j’ai lu ce texte, je l’ai adoré, et j’ai absolument voulu jouer cette pièce. L’idée de partir en tournée au Japon m’a paru excitante et l’accueil sur place a été très bon. Pour ce projet comme pour les films que l’on me propose, ma décision est toujours basée sur la qualité du texte, et ce pour une raison très simple : un bon script peut devenir un film convenable, mais on ne pourra jamais transposer un mauvais script en un bon film, même si l’on réunit les meilleurs réalisateurs et le casting le plus faramineux de tous les temps ! Quand je commence à lire un script qui est vraiment bon, comme celui de Bilbo le Hobbit, je me sens comme électrisé par l’enthousiasme, et je tourne les pages jusqu’à la dernière en absorbant tout d’une seule traite. Ensuite, j’y repense plusieurs fois au cours de la journée, en imaginant comment je pourrais jouer le personnage que l’on me propose, comment aborder telle scène, etc. Le registre dramatique ou comique , réaliste ou fantastique n’a pas d’importance : ce qui compte, c’est la qualité de l’écriture et les émotions que le film suscite en vous. S’il vous touche, le projet est déjà bien parti.

Les contrechamps de vos scènes devaient souvent être joués par des doublures, pour gérer les rapports de taille entre un hobbit et un humain comme Gandalf ou une elfe comme Elrond… Pouvez-vous nous parler ce que cela représentait comme procédure, pendant le tournage ?

Volontiers. Quand je suis sensé me trouver en face d’un humain de taille normale, dont on ne voit pas le visage mais seulement le dos ou l’arrière de la tête, je joue en réalité avec une personne de très grande taille qui double Ian McKellen ou Hugo Weaving. Certaines fois, il s’agissait de personnes qui mesuraient « seulement » deux mètres, et à d’autres occasions, il s’agissait d’acteurs encore plus grands. Je crois que la production de Bilbo le Hobbit a fait la razzia de tous les comédiens géants de Nouvelle-Zélande et d’Australie ! (rires) A certains moments, ils étaient si nombreux sur le plateau que l’on avait vraiment l’impression de se retrouver dans un pays de géants ! C’était incroyable à voir… Nous utilisions donc ce truc, ou des effets de fausse perspectives avec Ian McKellen, ou des effets de fond vert, comme ceux de la scène de Bag End qui fut si difficile à répéter…Le côté très positif de ce procédé de fond vert qui permettait à Peter de voir un composite avec moi et Ian déjà incrusté dans l’image, c’est qu’il pouvait être sûr que l’effet de différence de taille fonctionnait parfaitement. Une partie du processus repose aussi sur l’asservissement de deux caméras par ordinateur : si la caméra qui me filme bouge par exemple de 30cm sur la droite, celle qui filme Ian devant le fond vert bougera de 45cm, car il est 30% plus grand que moi. C’est un peu schématique comme explication, mais je pense que vous comprenez le principe : un plan qui a l’air d’être tourné en direct, avec un mouvement de caméra sur deux personnages de taille différentes est en fait le mélange de deux mouvements de caméra avec des amplitudes différentes, sur deux acteurs, dont l’un joue devant un fond vert.

Oui, oui, c’est très clair.

Tant mieux ! (rires) Parce qu’avant le tournage, ça ne l’était pas pour moi ! (rires) Inversement, il y a aussi des acteurs de petite taille qui me remplacent quand Ian parle à Bilbo vu de dos, ou quand on le voit de loin marchant à côté de Bilbo.

Pendant les scènes tournées en direct, grâce à des effets de fausse perspective, arriviez-vous quelquefois à jouer quand même en vous regardant dans les yeux, Ian McKellen et vous ?

Rarement, et c’était évidemment un peu frustrant. Mais nous arrivions quand même à jouer presque face à face, à condition que je regarde le haut du chapeau de Ian au lieu de ses yeux, tandis que lui devait regarder mon torse plutôt que fixer mon regard. C’est un peu difficile à se représenter, mais cela vient du fait que nous trichions à la fois avec la distance entre nous deux et avec l’angle de prise de vue…Nous utilisions aussi ces directions de regards biaisées pour filmer des scènes qui allaient être truquées en détourant numériquement la silhouette de Ian puis en l’étirant et l’agrandissant pour obtenir le bon rapport de taille. Du coup, les regards semblent correctement alignés. Nous sommes constamment passés de trucages tout simples, comme ceux que l’on pouvait utiliser en 1920, à des effets techniquement complexes. Peter et ses équipes techniques sont passés maîtres dans l’art d’agrandir ou de rapetisser les acteurs depuis Le Seigneur des Anneaux, et cette fois-ci, il fallait qu’lis soient encore plus précis et astucieux, car le film a été tourné en relief. Du coup, des effets de fausse perspective qui marchaient en 2D étaient plus délicats à employer en relief, car il ne fallait surtout pas que le public sente qu’un acteur jouant un nain se trouvait placé plus profondément dans l’image qu’un acteur jouant un humain, se tenant tout près de la caméra.

Est-ce qu’en dépit de l’ampleur et de la complexité de la production de Bilbo le Hobbit, après avoir essayé plusieurs versions d’une scène, vous aviez encore la possibilité d’improviser, et d’ajouter des répliques qui ne figuraient pas dans le script ou une action qui vous était venue spontanément ?

Absolument ! Cela arrivait même très souvent, et Peter était toujours partant pour que je lui propose des choses, quitte à modifier un peu sa mise en scène pour en tenir compte, si l’idée lui plaisait. Bien sûr, j’essayais de proposer des choses qui allaient dans le sens de la scène et non pas des idées saugrenues. Quelquefois, il s’agissait juste d’un regard, d’une respiration, d’une hésitation, d’un bégaiement ou d’un tempo différent. D’autres fois, il pouvait s’agir d’une phrase qui semblait manquer à un moment précis. Mais rassurez-vous, je ne faisais pas tout cela – les hésitations, les bégaiements, les pauses - en même temps ! (rires)

Peter Jackson connaît parfaitement chacun des personnages de cette histoire. Et vous aviez préparé votre rôle avec beaucoup d’attention de votre côté. Arrivait-il cependant que vous ne soyez pas d’accord sur la manière dont Bilbo devait se comporter pendant une scène ?

Jamais sur des points importants, car dans le roman, qu’il a écrit pour de jeunes lecteurs à l’origine, Tolkien décrit très clairement les sentiments de Bilbo. Il n’y a donc pas d’ambiguïté dans son attitude. Mais vous savez, après avoir joué le personnage de Bilbo si longtemps, pendant des mois et des mois, je crois pouvoir affirmer que je le connaissais mieux que quiconque sur la planète ! En tous cas en ce qui concerne MA version du personnage, jusqu’à ce que quelqu’un d’autre ne reprenne le rôle dans le futur… Quand j’arrivais sur le plateau, je portais déjà tout cela en moi, et Peter le savait et me faisait souvent confiance. Interpréter quelqu’un, c’est savoir ce qu’il ferait, mais plus encore, c’est être certain de ce qu’il ne ferait jamais ! C’est aussi un exercice de sobriété, parfois même de restreinte. Ce serait stupide d’essayer de jouer un personnage en bombardant constamment le public de gestes, de mimiques, de réactions… Une vraie personne traverse aussi des moments où elle est en retrait, atone, perdue dans ses pensés. Pendant le tournage du Hobbit, je vivais et je respirais en étant constamment Bilbo. Je ne redevenais pleinement moi-même que le soir, et je n’avais pas l’intention de me retrouver en compagnie de Bilbo quand je me détendais en prenant un bon bain chaud ! (rires) Pour revenir à votre question, il y a eu des moments ou je devais négociais l’interprétation de telle ou telle scène avec Peter, mais c’est normal de ne pas être toujours d’accord avec un réalisateur. C’est très sain et cela fait partie du processus créatif. Quand je propose quelque chose, je m’appuie sur les sentiments du personnage, sur son caractère et son vécu…Je sais que ma suggestion est justifiée, mais en dépit de cela, il se peut qu’elle ne convienne pas bien à ce moment-là de la narration dramatique du film, telle que Peter l’a envisagée. Et si Peter me dit que cela ne fonctionnera pas, ce n’est pas un affront personnel, ni une question de vie ou de mort. Je lui fais entièrement confiance, je suis ses instructions et nous avançons dans cette direction-là. C’est aussi simple que cela.

Ce film a été votre première opportunité de tourner en Nouvelle-Zélande. Est-ce très différent d’un tournage en Angleterre ou en Europe ? Est-ce plus difficile ?

Ce qui facilite énormément les choses, c’est qu’en dehors des tournages en décors extérieurs, tout est filmé à Wellington, dans les studios de Peter, sur des plateaux entièrement dédiés au film. Et Weta Digital et Weta Workshop sont situés juste à côté. Tout le monde travaille et vit à proximité de là. Pour ma part, je n’avais jamais eu l’occasion de vivre si près des studios au cours de la production d’un film. C’était absolument génial. Cinq minutes en voiture le matin, et hop, j’étais arrivé au studio ! C’était d’autant plus appréciable qu’il fallait arriver tôt pour être maquillé : je gagnais chaque jour une bonne heure et demie de sommeil par rapport à un tournage qui aurait eu lieu dans un des studios qui se trouvent à l’extérieur de Londres. Et encore… Pour peu qu’il y ait des embouteillages, on peut passer facilement deux heures dans le trafic avant d’arriver aux studios de Shepperton ou de Pinewood ! Le fait de résider aussi près des studios rendait nettement plus douce l’annonce de l’heure à laquelle il fallait que j’arrive dans la loge de maquillage le matin. Et commencer une journée de bonne humeur parce que l’on a eu le temps de bien « recharger ses batteries » pendant la nuit, cela change tout. En dehors de cet avantage pratique, l’ambiance en Nouvelle-Zélande est extrêmement agréable. Les gens sont efficaces, travaillent très bien, et aiment que tout se passe de manière détendue, sans relations conflictuelles. Toutes les personnes de l’équipe étaient animées d’un esprit positif et agissaient promptement pour que tout avance bien. Ce sont des gens qui ont envie de bien faire, et je dois dire que leur enthousiasme est communicatif. Pour eux, tout est possible. Si on leur demande quelque chose qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de faire, ils vont inventer une manière d’y parvenir. Pendant le tournage, si jamais on se rendait compte que l’on allait avoir besoin d’un accessoire spécial ou d’une machinerie qui n’avait pas été prévue, ils allaient travailler dans leur atelier toute la nuit, et le lendemain matin, c’était prêt, et ça fonctionnait !

Comment définiriez-vous cet optimisme Néo-Zélandais en une phrase ?

Il y a une expression typique que les Kiwis, comme ils se surnomment eux-mêmes, emploient très souvent : « Faire les choses avec du fil n°9 ». Cela fait référence à un type de fil électrique que l’on récupérait sur de vieilles batteries pour faire toutes sortes de bricolages simples mais efficaces, qui permettaient de résoudre des problèmes très variés. C’était l’état d’esprit qui existait aussi en Angleterre avant que la récession ne frappe ce pays de plein fouet et que tout le monde ne soit convaincu que ce n’est plus la peine de fabriquer quoi que ce soit, parce que ce sera produit de manière plus compétitive en Asie ou dans les pays émergeants ! Jadis, les anglais fabriquaient de tout, dans tous les domaines. Ils pensaient qu’ils pouvaient tout faire, et accessoirement, étaient convaincus de dominer le monde ! (rires) Ce n’est clairement plus le cas aujourd’hui… En revanche, en Nouvelle-Zélande, les gens ont toujours ce réflexe de peuple de pionniers. Ils sont restés entreprenants et débrouillards, et pensent qu’ils pourront régler la plupart des problèmes avec de l’intelligence et du bon sens, symbolisés dans leur expression par ce fameux bout de fil électrique de récupération… C’est exactement cet esprit qui anime les équipes de Peter Jackson. L’idée de répondre « C’est impossible, on n’y arrivera pas » ne leur viendrait même pas en tête ! Pour eux, un problème appelle forcément une solution, et c’est cette recherche qui est pour eux le sel de leur métier. Tant qu’ils ne l’ont pas trouvée, ils continuent ! Je ne compte plus les fois où j’ai vu les décorateurs, les accessoiristes ou les créateurs d’effets spéciaux revenir successivement avec plusieurs solutions, de plus en plus élaborées, pour résoudre un problème qu’ils avaient déjà réglé, juste au cas où il se présenterait à nouveau ! C’est merveilleux de les voir réagir comme cela, en accueillant les difficultés d’une manière positive. Je dois dire que j’ai rarement vu cela, car il est plus fréquent qu’une ambiance de plateau soit un peu cynique sans être pour autant désagréable, simplement parce que les gens de cinéma sont blasés. Et j’avoue que moi aussi, je suis plutôt quelqu’un de blasé. Habituellement, quand j’arrive sur un plateau de tournage en Angleterre, je ronchonne un peu. Et je peste s’il y a un problème technique qui m’empêche de me concentrer sur le rôle ! Je n’ai pas l’amabilité de nos amis Neo-Zélandais, loin de là.

Comment décririez-vous l’énergie qui anime Peter Jackson, qui aura consacré en tout presque 16 ans de sa vie de cinéaste à adapter l’œuvre de Tolkien ?

Avec toute l’affection que j’ai pour Peter et pour son talent, je dois dire qu’il faut certainement être un peu fou pour entreprendre deux fois de suite de tels projets. C’est proprement démentiel ! C’est un cas psychiatrique ! (rires) J’ai pu constater par moi-même que décider de se retrouver à la tête d’une telle production est un acte d’une témérité incroyable. Non seulement Peter était fou de penser qu’il pourrait réussir à transposer Le Seigneur des Anneaux puis Bilbo le Hobbit au cinéma, mais en plus, il l’a fait ! (rires) Et brillamment, en plus ! (rires) Je n’arrive même pas à comprendre comment il parvient à stocker la multitude d’informations nécessaires pour avoir une vision claire de l’ensemble du projet…Peter ne se définira jamais comme un intellectuel. Il ne se comporte jamais comme un « je sais tout » prétentieux, mais je suis sidéré de constater qu’il sait toujours comment un petit bout de scène que nous tournons aujourd’hui doit être filmé et interprété pour raccorder parfaitement avec un autre moment que nous allons jouer dans trois mois, et qui sera complété par tel et tel trucage. Peter est un phénomène, un peu comme Dustin Hoffman dans Rain Man ! (rires)

Quelles sont les scènes d’action les plus difficiles que vous avez tournées ?

Beaucoup de scènes d’action étaient filmées au moins partiellement devant des fonds verts, ce qui nous obligeait - nous les acteurs - à utiliser davantage notre imagination. Quelquefois, quand le tournage de ces scènes devienait répétitif, parce qu’il fallait reproduire exactement les mêmes actions sur fond vert, sous différents angles, cela pouvait devenir assez fastidieux…Et il y avait aussi des scènes d’action que nous tournions pendant des jours et des jours dans de vrais décors, ou dans des paysages extérieurs, parce qu’elles allaient être découpées en de nombreux plans différents, pour des questions de rythme de montage. Il y en avait notamment une dont toute notre petite bande d’acteurs - mes camarades qui jouaient les nains et moi – se souviendra longtemps : la fameuse scène 88 ! Il suffisait que l’on dise les mots « scène 88 » pour que nous levions tous les yeux en ciel en poussant des soupirs (rires) Il s’agit du moment où Bilbo et les guerriers nains sont pourchassés par les wargs, et courent à toute allure dans une grande plaine. Nous avons tellement couru que nous avions l’impression d’avoir traversé à pied la plus grande partie de l’île Sud de la Nouvelle-Zélande ! (rires) Quand on nous annonçait « Bon, aujourd’hui, on tourne la seconde partie de la scène 88 », nous savions à quoi nous attendre…Et si on ajoutait « Et demain, ce sera la troisième partie de la scène 88 », là nous nous mettions tous à pousser des jurons entre nos dents ! (rires) Je crois que nous nous souviendrons de cette satanée scène 88 jusqu’à la fin de nos jours… J’espère vraiment qu’elle dure plus de trois secondes dans le film, car sinon, je serai vert ! (rires) Au bout d’un moment, nous avions l’impression de la tourner depuis des mois… Et en plus, nous ne faisions vraiment que courir, et rien d’autre ! Sinon, en dehors de cela, les scènes d’action consistaient surtout à agiter mon épée en direction d’une balle de tennis placée à l’extrémité d’un bâton, pour représenter un warg qui fonçait sur moi. D’autres fois, c’était un cascadeur portant une combinaison verte et tenant une tête de warg au bout d’un support qu’il fallait que je fasse semblant de pourfendre. Nous avons aussi escaladé des arbres, fait semblant de tomber du haut d’un arbre, et nous nous sommes retrouvés aussi certaines fois la tête en bas, accrochés à une fausse branche… Quand on repense à tout ce travail qui sert à tourner ces scènes d’actions, c’est dans l’ensemble un job assez amusant et excitant à faire.

Ecoutiez-vous la musique rock des artistes de la Motown pendant le tournage, pour vous détendre ?

Oui, bien sûr. Ce sont mes chansons favorites depuis que j’ai découvert ce son fabuleux dans mon enfance ! Je n’allais pas m’en priver pendant le tournage du Hobbit…J’ai toujours collectionné les disques, et je crois que j’ai acheté mes premiers 45 tours de la Motown quand j’avais neuf ans. J’aime beaucoup d’autres genres de musiques, mais les chansons de Stevie Wonder, Diana Ross, Marvin Gaye et James Brown restent les piliers de mes préférences musicales. J’ai même réalisé un documentaire sur la Motown il y a quelques années, et je me suis rendu à Detroit et à Los Angeles pour y rencontrer des gens que j’admire depuis toujours comme le fondateur du label, Berry Gordy. C’était magique.

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