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LE HOBBIT, LA DESOLATION DE SMAUG : Entretien avec Lee Pace (Thranduil, le roi des Elfes) - 2ème partie
Article Cinéma du Mercredi 08 Janvier 2014

Propos recueillis et traduits par Pascal Pinteau

Quelles idées avez-vous suggérées sur l’aspect du maquillage, du costume et des accessoires de votre personnage ?

Tout ce processus s’est déroulé de manière très collaborative. Je voulais naturellement que Thranduil ait l’allure d’un roi. J’ai beaucoup aimé le premier costume que nous avons mis au point, et que vous verrez dans la première scène du second film. Il s’agit d’un tunique dorée, brodée, avec des ornementations en or, sur laquelle vient se placer une cape volumineuse, presque aussi large que ce portrait du roi Louis XIV, dans lequel sa cape doublée de fourrure prend tant de place. J’ai dit à Ann Maskrey, notre chef costumière, que je voulais lui donner un aspect très impressionnant. En le voyant, il fallait que l’on sente tout de suite que quand il dit quelque chose, on l’écoute et on obéit tout de suite. Thranduil n’a pas besoin d’argumenter. Il ne cherche l’approbation de personne. Et si on lui résiste, alors cela pose un problème qui est vite réglé en sa faveur !

Nous avons vu dans l’épisode précédent du HOBBIT que Thranduil a refusé d’aider les nains quand Smaug a attaqué leur royaume et volé leur palais et leur immense trésor…Pouvez-vous nous expliquer comment cette relation très tendue entre les elfes et les nains évolue dans LA DESOLATION DE SMAUG ?

En effet, il y a un gros contentieux entre nos deux peuples ! (rires) Mais comme il porte sur un point très précis, le refus de Thranduil de stopper Smaug quand il a attaqué Erebor, ce n’est pas comme s’il s’agissait d’une sorte de tension banale entre deux peuples méfiants l’un de l’autre. Thranduil et Thorin ont un problème à régler, et les évènements qui vont se dérouler vont les amener à traiter cela bien plus vite qu’ils ne le pensaient.

Nous avons pu constater que Thranduil savait être un dirigeant très dur dans l’épisode un… Quels autres aspects de sa personnalité allons-nous découvrir dans ce deuxième volet ? Par exemple, quelles sortes de relations Thranduil a-t-il avec son fils Legolas et avec Tauriel, la nouvelle elfe créée par les scénariste du film ?

Comme nous le savons grâce au SEIGNEUR DES ANNEAUX, Legolas va se joindre à la communauté de l’anneau et va participer à la grande lutte contre les agissements des forces du mal. En revanche, Thranduil choisit de barricader sa forteresse pour y protéger son peuple. Cela signifie qu’il y a de grandes différences d’opinion entre le père et le fils. Et deux attitudes totalement opposées quand à la manière de gérer sa richesse et son immortalité. Quand vous recevez un tel don, qu’allez-vous choisir d’en faire ? Le protégerez-vous précieusement, ou risquerez-vous de tout perdre pour défendre ce qui vous semble juste ? Sur ce point, Thranduil et Legolas ne sont pas d’accord, mais en tant qu’elfes, l’amour familial qui les unit est encore plus profond que celui des humains, parce qu’ils ont eu plus de temps au cours de leurs très longues vies pour comprendre à quel point ce sentiment est essentiel. Il en va de même pour leur compréhension de la mort, du bien et du mal. Les elfes sont des êtres sensibles, très intuitifs. Quand je parle de sensibilité, il ne s’agit pas de sensiblerie : je veux dire que tous leurs sens sont extraordinairement aiguisés. Thranduil peut ressentir le mouvement de chaque feuille qui ondule sous le vent dans la forêt noire de son royaume de Vert-bois le grand.

Et qu’en est-il de sa relation avec Tauriel ?

Là encore, elle est complexe, car ils ont des points de vue très différents. Thranduil est intrigué par Tauriel, pas en raison d’une attirance amoureuse, mais parce qu’il respecte son courage et ses opinions. Tauriel fait partie du peuple des elfes sylvains, et Thranduil veut les protéger. Il sait que Tauriel est une combattante hors pair, capable de tuer n’importe qui. Et il aime ce qu’il voit au plus profond de son âme, en la regardant dans les yeux.

Peter Jackson semble être un réalisateur ouvert aux suggestions. Lui avez-vous soumis des idées qu’il a retenues à propos de votre personnage?

Oui. Et notamment une idée qui devrait donner lieu à un beau moment du deuxième épisode, mais que je ne veux pas ruiner en vous la révélant avant que vous ne l’ayez vu ! Sans trop en dire, elle m’est venue en songeant au fait que Thranduil a une telle expérience qu’il a déjà eu l’occasion de tuer des dragons par le passé. Il sait comment y parvenir. Et il sait aussi les choses horribles que les dragons peuvent faire aux gens.

Aurons-nous l’occasion de voir le côté héroïde de Thranduil dans cet opus ? Participe-t-il à la bataille contre Smaug à Laketown ?

Mmmm….Je ne veux pas trop en dire. (rires) Jusqu’à présent, nous avons vu Thranduil se retenir de combattre par sagesse. Nous allons effectivement le voir se battre, et quand il se battra, il sera époustouflant.

Avez-vous vu les prévisualisations de certaines scènes afin de vos aider à les répéter avant le tournage ? Et notamment celles de la bataille de Laketown, avec les destructions provoquées par Smaug ?

Non. Nous nous sommes lancés très tôt dans la préparation des combats de ces scènes, avant que l’on nous montre les séquences de previz. J’ai répété et appris par coeur mes cascades et mes combats, puis nous les avons filmés directement après, en même temps que les scènes « normales ». Le tournage a été organisé de manière très souple, afin de s’adapter au jour le jour aux changements du script, et aussi au fait que les deux films initialement prévus sont devenus trois épisodes. Tout cela a été très créatif, très organique, et m’a permis d’apprendre énormément de choses sur mon personnage pendant ces trois années de collaboration avec l’équipe du film.

Dans les appendices du SEIGNEUR DES ANNEAUX, Tolkien raconte que Thranduil et les elfes ont contribué à détruire la forteresse maléfique de Dol Guldur et à purifier la forêt de Mirkwood en la débarrassant de l’aura néfaste de Sauron. Verrons-nous ces scènes dans ce deuxième épisode du HOBBIT ?

Sans vouloir trop en dire, Thanduil ressent tout ce qui se passe dans la forêt, et Dol Guldur et Mirkwood sont très proches de Vert-bois le grand… Ce roi est le reflet des terres de son royaume, tout comme le personnage du roi-pêcheur chargé de veiller sur le Saint Graal, et dont les blessures de guerre ont un impact sur ses terres, qui s’affaiblissent et deviennent stériles… Il y a une telle symbiose entre Thranduil et sa forêt qu’il ne peut ignorer qu’un mal sournois s’y répand. Comme sa forêt autrefois pure, Thranduil a été un peu corrompu, et a ressenti les effets des forces obscures. Il est le témoin de l’avènement du mal au sein de la Terre du Milieu.

Quelles ont été les scènes les plus difficiles à jouer en raison des procédures techniques de préparation des effets visuels ?

Les rapports de tailles entre les différents types de personnages sont toujours délicats à gérer. C’est qui compliquait le tournage des scènes avec les guerriers nains. Les acteurs aiment bien sentir la présence rassurante du réalisateur quand ils jouent, car ils savent que s’ils se trompent, il pourra le leur dire tout de suite. Mais quand on filme une production de cette ampleur, on se retrouve aussi quelquefois tout seul devant des fonds verts pour tourner tel ou tel plan qui sera intégré aux effets visuels d’une grande séquence, et là, il faut se débrouiller en se rappelant des indications de jeu que l’on vous a données avant.

Quels sont les moments de votre personnage que vous préférez dans le film ?

Celui qui me vient immédiatement à l’esprit est la scène où j’accueille Thorin et les nains dans mon palais fortifié après les avoir fait capturer. C’est une confrontation vraiment dure, très tendue, entre deux rois. Il y a d’un côté un roi qui règne, et de l’autre un roi dépossédé de son trône et de la terre de ses ancêtres, qui cherche à les reconquérir. J’ai adoré travailler cette séquence avec Richard Armitage. Il se trouve que c’est la toute première scène du HOBBIT que j’ai tournée, et je me rappelle que je me suis dit « Quelle magnifique entrée en matière ! » (rires)

Quels ont été les aspects les plus complexes de votre travail sur LE HOBBIT ?

Le plus dur, c’est de parvenir à assimiler toutes les informations foisonnantes et les nuances de cet univers très riche, puis d’y réfléchir longuement pour jouer son personnage le plus justement, le plus sincèrement possible… On sait que ces films vont être vus par des dizaines de millions de gens, partout dans le monde, et on a envie de leur présenter une interprétation irréprochable, solide, dont on aura considéré absolument toutes les facettes. C’est ce que l’on doit faire pour traiter le public avec le respect qu’il mérite. On ne peut pas se contenter de quitter un tel projet en se disant que l’on n’a peut-être pas fait son travail à 120%, et que ce n’est pas grave si l’on a oublié de traiter tel ou tel chose en route. En tous cas, je ne travaille pas comme cela ! Je voulais tout savoir sur Thranduil, et en étant dirigé par Peter Jackson, j’étais entre de bonnes mains. Idem pour Philippa Boyens et Fran Walsh. J’étais entouré d’alliés bienveillants qui m’aidaient à incarner le mieux possible ce personnage dont ils savaient tout. Vous savez, je crois que si LE SEIGNEUR DES ANNEAUX et le premier épisode du HOBBIT ont remporté un tel succès, c’est parce que le public a bien vu qu’il ne s’agissait pas de films « Popcorn », comme nous le disons aux Etats-Unis. Ce sont des récits fantastiques, certes, mais qui ont une véritable profondeur humaine, et qui trouvent une résonance en chaque spectateur.

Avez-vous gardé des accessoires ou des prothèses de votre personnage à la fin du tournage ?

J’ai gardé mes prothèses d’oreilles d’elfe, que j’ai placées dans un livre, un peu comme les fleurs que l’on fait sécher !

Quels sont les souvenirs les plus insolites que vous garderez du Hobbit ?

Oh, probablement le tournage des scènes de bataille, car si vous saviez combien de fois je suis tombé de l’élan artificiel que je devais faire semblant de chevaucher, vous me jugeriez indigne de jouer le roi des Elfes ! Je suis terrifié de l’usage qui va être fait de ces images accablantes dans les bonus du film quand il sortira en DVD et Blu Ray ! J’agitais mon épée au dessus de ma tête comme un vaillant guerrier, puis je perdais l’équilibre et je tombais. Et en me redressant , ma couronne était de travers sur ma tête… C’était navrant. (rires)

Vous chevauchiez un Elan animatronique ?

Oui, un élan animé. Mais dans d’autres plans, je jouais sur un cheval qui s’appelait Moose, et qui était la doublure de l’élan, qui a été réalisé en images de synthèse. Moose va être terriblement déçu de ne pas se voir dans le film.

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