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LE HOBBIT, LA DESOLATION DE SMAUG : Entretien exclusif avec Richard Armitage (Thorin) – 2ème partie
Article Cinéma du Lundi 13 Janvier 2014

Propos recueillis et traduits par Pascal Pinteau

Etait-ce quelquefois difficile pour vous, en tant qu’acteur, de jouer dans de nombreuses scènes avec des écrans verts, des acteurs en combinaisons de Mocap ou avec des créatures qui n’étaient pas réellement sur le plateau en face de vous dans LA DESOLATION DE SMAUG ? Ou est-ce juste une autre manière de pratiquer la visualisation comme au théâtre, quand on joue sur une scène presque vide ?

Je dirais que c’est un peu des deux choses, en fait. Quand vous vous retrouvez dans un environnement vide et vert, vous vous sentez vraiment dans un endroit étrange et inhospitalier, qui n’est pas propice à la comédie. Au départ, comme on se sent un peu perdu, il faut se reposer sur la foi que l’on a dans le projet, s’accrocher au texte, à la situation, et aux performances des autres acteurs qui se retrouvent dans la même situation. Mais au bout d’un moment, je dois dire que l’on finit par s’y habituer. Le plus difficile n’est pas de faire semblant d’évoluer dans un décor que l’on ne voit pas : ce qui est vraiment dur, c’est de réagir à la présence d’un personnage qui n’est pas là. Tant qu’il ne s’agit que d’un éboulement, d’une explosion, d’une avalanche ou d’une chose de ce genre, ce n’est pas un problème. Mais si c’est un être vivant qui est sensé se trouver en face de vous, tout se complique. Par chance, je n’ai pas eu à jouer en face de trop de personnages virtuels. Smaug et Azog sont les seuls personnages qu’il a fallu que je me représente mentalement de manière très précise pour obtenir le résultat que souhaitait Peter. Heureusement, Peter nous avait montré des dessins préparatoires et des prévisualisations pour nous aider à figer tout cela dans nos esprits, avant de tourner ces scènes sur fond vert.

Parlez-nous de la manière dont vous avez joué vos scènes avec Martin Freeman et Ian McKellen ? Qu’aiment-ils faire pendant leurs performances ? Quelles improvisations testez-vous ensemble ?

Martin est un acteur qui excelle dans la comédie, devant et derrière la caméra. Il nous faisait beaucoup rire entre les prises. Son approche d’une scène est très spontanée. Même s’il dit le texte du script à la virgule près il se débrouille toujours pour y ajouter des petites choses qui apportent de la nouveauté à chaque fois, et qui créent la possibilité d’improviser un peu en face de lui. Il y a ainsi des trouvailles formidables qui surgissent, et c’est très appréciable, car en ce qui me concerne, je fonctionne de manière différente, très méthodique, en préparant tout à l’avance. Travailler avec Martin m’a libéré de cela, parce que je l’ai suivi pendant qu’il essayait de nombreux chemins différents pour atteindre le bout de chaque scène. Et j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire…Ian McKellen est bien sur un acteur de légende pour notre génération. C’est extrêmement facile de travailler avec Ian, car dès que la caméra tourne, on ne le voit plus : on voit Gandalf en face de soi ! Ian apporte une véritable magie avec lui sur un plateau de tournage, tout comme il le fait en tant que personne dans la vraie vie. Ce que j’adorais, quand je regardais Gandalf dans les yeux, c’était toute la sagesse et la bienveillance qui s’en dégageait. On sent qu’au-delà de toute l’expérience et la sagesse de cet être, il y a la pureté et l’innocence d’un cœur d’enfant resté intact. C’est ce que Ian réussit magnifiquement à exprimer dans son interprétation de Gandalf, et j’ai adoré pouvoir ressentir cela en jouant avec lui.

Quelles sont les cascades que vous avez faites vous-même dans ce second épisode ? Nous avons déjà vu des images de celles de la séquences de la rivière dans la bande-annonce du film…

Oui. L’une des satisfactions que j’ai retiré de ce tournage a été la fierté d’avoir pu faire pratiquement toutes mes cascades moi-même. Il y a effectivement la séquence des tonneaux où nous sommes emportés par le courant d’une rivière. Au final, ce sera un mélange de prises de vues réelles tournées dans une vraie rivière, de vues filmées en studio dans des portions de rivière reconstituées, et de plans réalisés en grande partie en images de synthèse. Pendant la dernière partie du deuxième épisode, qui se déroule dans la montagne, quand Bilbon et moi sommes confrontés à Smaug, il y a aussi beaucoup de scènes que j’ai du tourner en portant un harnais et en étant suspendu à des câbles. Je plonge à l’intérieur de boyaux de la mine des nains creusée dans la roche, et je me retrouve dans des wagonnets qui avancent à toute allure sur des rails…C’était à la fois amusant, très technique et épuisant, car il fallait bouger vite tout en respectant des tempos et des repères très précis. Mais cela m’a plu.

Quelles créatures combattez-vous dans ce deuxième volet ? Il y a d’abord Beorn…

Oui, nous rencontrons Beorn juste au début de cet épisode. Nous développons une relation vraiment intéressante avec lui, car même s’il semble menaçant et très dangereux au départ, il devient un allié et un formidable atout par la suite. Il nous protège et s’assure que nous avons bien tout ce qu’il faut avant de nous aventurer dans la sinistre forêt de Mirkwood. Ensuite, quand nous traversons Mirkwood, nous devons affronter des araignées géantes, nous rencontrons des elfes, nous sommes poursuivis par des orcs, et finalement, nous sommes capturés à Laketown. C’est une vraie avalanche d’ennemis qui veulent nous capturer et nous incarcérer…ou faire pire encore !

Comment le combat contre les araignées de la forêt de Mirkwood a-t-il été répété et tourné ? il a dû être encore plus difficile à préparer que la bataille contre les gobelins de l’épisode un, étant donné que les araignées peuvent escalader verticalement les rochers et les arbres…

Il s’agit d’une des scènes où les personnages étaient entièrement représentés en images de synthèse. Nous devions créer un combat imaginaire avec des araignées qui n’étaient pas là. On nous a laissé pratiquement carte blanche pour jouer les combats comme nous les sentions, et ensuite, les animateurs sont partis de là pour animer les araignées en fonctions des mouvements que nous avions faits. Nous avons tourné la fin de la scène avec une araignée verte qui avait été construite à taille réelle, afin de filmer des actions très spécifiques, mais cette « vraie » araignée présente sur le plateau ne bougeait pas comme celles qui allaient être créées plus tard en animation 3D. Je dois dire que j’ai hâte de découvrir la scène finalisée dans le film, car nous avons tous combattu le vide ! (rires) Cette séquence devrait être impressionnante, car à ce moment du voyage, nous nous trouvons au plus profond de la forêt de Mirkwood, et nous sommes encerclés par ces créatures qui sont les descendantes d’Arachne, que Frodon et Sam affrontent dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX.

Quelle a été la scène de Thorin la plus difficile à jouer dans ce film et pourquoi ?

Je crois qu’il s’agit du moment où les nains entrent dans la montagne, et où tout le passé de leur peuple ressurgit. Il sentent aussi qu’une grande partie de leur avenir va se jouer là. C’est toute leur histoire qui imprègne ces lieux.

Est-ce aussi votre moment d’émotion favori dans LA DESOLATION DE SMAUG ?

Oui, car dès qu’ils entrent dans ces lieux, toutes les tragédies et les erreurs du passé leur reviennent à l’esprit. Ils sont à la fois émus, ressentent une forte nostalgie, et sont aussi euphoriques à l’idée d’être arrivés jusqu’au bout et d’avoir enfin l’occasion d’en découdre avec Smaug. C’était complexe à jouer, parce qu’il fallait faire ressentir tout ce mélange d’émotions différentes, mais j’ai beaucoup aimé tourner cette scène.

Quelles scènes avez-vous filmées pendant le tournage additionnel ? Essentiellement la bataille des cinq armées ?

Les scènes additionnelles que nous avons tournées pour le second film sont essentiellement celles que vous verrez dans le prologue : il s’agit d’un flashback qui nous permet d’assister à la première rencontre de Gandalf et Thorin, quand ils ont évoqué ensemble la possibilité d’entreprendre ce voyage dangereux pour reconquérir le palais et le trône d’Erebor. C’est une jolie scène, qui permet de rappeler au public toutes les raisons pour lesquelles Thorin doit chasser Smaug d’Erebor et libérer la terre de son peuple.

Qu’avez-vous gardé dans votre esprit de votre voyage en Terre du Milieu, en tant que comédien, et en tant que personne qui a passé beaucoup de temps là-bas ?

Je crois que je me souviendrai toujours du tournage de la scène des tonneaux dans la rivière. Je ne suis pas prêt de l’oublier ! Nous flottions librement dans une vraie rivière, protégés par des tonneaux spéciaux qui ne pouvaient pas couler, et tout en dérivant, nous admirions les paysages à couper le souffle de la Nouvelle-Zélande tout autour de nous…C’était extraordinaire !

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