Splice et ses manipulations fantastiques
Actualité Cinéma du Jeudi 25 Fevrier 2010

Depuis très longtemps, la science-fiction s’intéresse aux manipulations génétiques. De  nombreux films ont traité le sujet (Jurassic Park, Alien, La mouche …) et c’est après avoir vu la photo d’une souris génétiquement modifiée que Vincenzo Natali ( Cube, Cypher), passionné de science-fiction, a eu l’idée de réaliser un film sur ce thème. 

Par Johanna Cristol 
 
Le réalisateur s’est approprié une réalité scientifique extraordinaire à laquelle il a ajouté une vision poétique. Il s’est entouré d’un généticien pour juger de la crédibilité de ses idées et de dessinateurs intuitifs et très pointus en matière d’anatomie humaine et animale. Cette démarche a également été  rendue possible par le travail de recherche de l'équipe technique et des acteurs, qui ont  visité de vrais laboratoires scientifiques.
 
Splice nous fait entrer dans l’univers de deux généticiens Elsa ( Sarah Polley) et Clive (Adrian Brody) devenus célèbres grâce à des mélanges partucliers d’ADN d’animaux. Fiers du résultat, ils ont continué sur leur lancée en mélangeant les ADN d’animaux et d’humains pour donner la vie à Dren (Delphine Chaneac), une créature fantastique.
 
Ce personnage reste le plus fascinant : elle n’est ni femme ni animale, juste une créature hybride, formée d’une partie humaine et de jambes complètement surréalistes. Pour réaliser cette apparence extraordinaire, l’équipe s'est souvent servie d'outils bien réels. Par exemple, pour la version enfant de Dren, une marionnette a été utilisée afin d’enregistrer les vrais repères d’éclairages pour les réintégrer à la nouvelle image numérique. Dren adulte ayant trois doigts, pour cacher l’auriculaire de l’actrice, le réalisateur a opté pour la substitution numérique. Les plans de caméra appropriés ainsi que les techniques utilisées par le groupe KNB ont contribué à un résultat très réaliste.
 
Le travail sur les yeux de Dren renforce largement la sensation d’étrangeté. Deux méthodes ont été appliquées sur chacune des actrices. Les techniciens ont scanné leur tête en 3D. Le modèle de l’actrice Abigail Chu a été adapté sur la version numérique de Dren jeune. La bouche était la seule partie réelle conservée. Les différentes expressions du visage de Delphine Chaneac ont été filmées, puis transposées au modèle 3D. L’ image a été ensuite retravaillée pour déplacer les yeux. Pour l’animation des yeux de Dren enfant, c’est Delphine qui s’est prêtée au jeu de la capture de performance en faisant enregistrer ses mouvements oculaires. L’équipe a ensuite incorporé ce mouvement à la version digitale de Dren enfant. Cette technique est appelée Eye ADR (Automatic Drive Recorder).
 
Au final, l’univers fantastique de nos deux scientifiques garde un aspect familier, car Vincenzo Natali a insisté pour que l’évolution de Dren soit subtile. Les jambes sont surréalistes, les yeux écartés, mais la manière de bouger a du être assez délicate pour qu’on ne s’aperçoive pas tout de suite du coté surnaturel de la créature. Le plus difficile a été de trouver l’animation des ailes la plus juste, sachant que l’équipe n’avait aucun repère dans la réalité.
 
La date de sortie du film n’est pas encore confirmée, en attendant, en voici un extrait :
 

 
Vincenzo Natali qui a donc travaillé sur Splice depuis 2000, a déjà le projet d’adapter Tunnels, un roman co-écrit par Roderick Gordon et Brian Williams dont le succès a entraîné plusieurs suites. Il s’agirait d'un enfant de 14 ans qui creuse sans relâche jusqu’aux entrailles de la Terre pour retrouver son père disparu. Relativity Mediadéveloppe le film depuis 2007 et confiera l’adaptation scénaristique à Simon Sandquist et Joel Bergvall (Addicted).
 
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