[Alien Day] Alien, le huitième passager : Le parcours du Nostromo
Article Cinéma du Mardi 26 Avril 2016

A l'occasion de "l'Alien Day", décrété par les studios Fox, nous vous proposons de (re)découvrir l'histoire du Nostromo.



Depuis sa brève apparition dans Alien, le huitième passager, le Nostromo est sans doute l'un des plus célèbres vaisseaux spatiaux de l'Histoire de la science-fiction. Si sa version cinématographique n'a pas survécu au premier affrontement entre Ellen Ripley et un xénomorphe, l'une des maquettes utilisées lors du tournage a récemment retrouvé sa prime jeunesse, quelques mois avant la sortie de Prometheus. Retour sur la création et les mésaventures d'un élément iconique de la saga Alien, en compagnie de Martin Bower, superviseur de la construction des maquettes du premier film...

Par Pierre-Eric Salard

Construit à l'orée du XXIIème siècle par la « Compagnie » Weyland Yutani, l'USCSS Nostromo n'est pas, contrairement au Prometheus du film éponyme, un véhicule d'exploration équipé de technologies de pointe. Cet imposant cargo commercial de Classe M mesure 244 mètres de long pour 165 de large (et 72 de hauteur). En 2116, il est reconverti afin de remorquer une énorme raffinerie spatiale de la colonie minière Thedus à la planète Terre. Dans la fiction, le Nostromo est donc l'équivalent d'un semi-remorque de l'espace... La raffinerie, qui transporte 20 millions de tonnes de minerai brut, possède des dimensions colossales : 1500 mètres de longueur pour 978 de large ! Le Nostromo dégage donc une gigantesque puissance motrice afin de pouvoir tracter sa remorque à la vitesse approximative de 0,12 années-lumière par jour. En 2122, lorsqu'il capte un message émis de la planète LV-426, au début d'Alien, le huitième passager, le navire se dirige alors vers la Terre. Près de 150 ans plus tôt, en 1979, les plans de ce vaisseau - mêlant l'orthodoxie des évolutions spatiales de 2001, l'odyssée de l'espace (1968) à l'aspect usé, sale et vieilli des véhicules Star Wars (1979) - impressionnent les terriens friands de SF. Or à cette époque, il n'existe qu'une seule manière de créer des vaisseaux spatiaux convaincants : construire et filmer des maquettes ! A quelques exceptions près (Serenity), cette méthode est désormais reléguée dans les livres traitant de l'Histoire des effets spéciaux. Les technologies ont évolué. Les engins de la majorité des long-métrages de SF récents sont désormais conçus en images de synthèses ! Tel fut le cas, d'ailleurs, du Prometheus. « Aucune maquette n'a été utilisée », regrette le britannique Martin Bower, chef maquettiste sur Alien, le huitième passager. « Tout est numérique ! » Ridley Scott retrouvant pour la première fois l'univers qu'il a créé il y a plus de trois décennies, Martin Bower espérait que le réalisateur souhaiterait rassembler l'équipe originale. « Mon ami Bill Pearson et moi, nous avons proposé nos services. Sans succès », nous confie-t-il. Notons que Bill Pearson a notamment travaillé sur les effets spéciaux d'Outland et Casino Royale. « On nous a répondu qu'ils n'avaient aucunement besoin de maquettistes, que tout serait réalisé à l'aide des images de synthèse. Notre présence n'était donc pas nécessaire. Cette décision est regrettable ; je pense qu'un modèle numérique ne fonctionne pas aussi bien, à l'écran, qu'une véritable miniature... » Il faut donc remonter dans les années 1970 pour découvrir la création des maquettes du Nostromo...

Espace, frontière de l'infini

Martin Bower a débuté sa carrière en créant des accessoires pour des publicités. « C'était très ennuyeux », nous explique-t-il. « A l'aide de mes propres maquettes de vaisseaux spatiaux, j'ai donc réalisé un film en 16mm qui a été diffusé dans le cadre d'une émission de la BBC. Avant même que ce programme soit terminé, un responsable de Ripley’s Believe-it-or-not-Odditorium a téléphoné à la chaîne afin de demander s'il était possible d'acheter une des miniatures ! » Rappelons que Ripley's Believe It or Not! est une franchise dédiée aux faits inhabituels ou étranges. « Il s'agissait du pas du tir d'une fusée que j'avais majoritairement créé à partir de déchets ! En 1974, j'ai appris qu'une série intitulée Space 1999 allait entrer en production ». Créée par Gerry Anderson (Les sentinelles de l'air), cette série est plus connue en France sous le nom Cosmos 1999. « J'ai écrit une lettre afin de proposer mes services », poursuit Martin Bower. « Elle fut ignorée, et pour cause : je l'avais envoyé aux Shepperton Studios alors que la série allait être filmée aux Pinewood Studios ! Quoi qu'il en soit, j'ai fini par téléphoner. J'ai appris que les effets spéciaux allaient être réalisés au sein des studios Bray, qui se trouvent près du château de Windsor, dans le Berkshire. Ces studios sont connus pour avoir abriter les tournages des productions de la Hammer ! J'ai donc mis une partie de mes maquettes dans ma voiture et j'ai sonné à la porte du studio. J'ai réussi à rencontré le superviseur des effets spéciaux, Brian Johnson, qui s'est montré intéressé ». Véritable légende de l'industrie des trucages, ce dernier travaillera ultérieurement sur L'Empire contre-attaque, L'histoire sans fin et Cœur de dragon. « Brian m'a demandé de sortir du coffre de ma voiture l'une de mes maquettes de vaisseaux spatiaux... afin de tourner immédiatement quelques séquences de test ! J'étais stupéfait. Il m'a dit qu'il me contacterait. Malgré mes doutes initiaux, Brian a tenu parole et m'a envoyé le scénario d'Alpha Child, le dixième épisode de Space 1999. Il m'a non seulement demandé de construire les maquettes, mais également de dessiner un vaisseau extraterrestre... que j'ai dû créer en deux semaines ! Je n'avais jamais travaillé dans des délais aussi serrés ! Ce fut le début de ma carrière dans le domaine des trucages... » Martin Bower travaillera sur Cosmos 1999 de 1975 à 1978.

Paternités

Parallèlement, aux Etats-Unis, Dan O'Bannon et Ron Shusett peaufinent le scénario de ce qui deviendra Alien, le huitième passager. Lorsque les studios Twentieth Century Fox donnent le feu vert au projet, en 1977, Dan O'Bannon a déjà sollicité l'aide de deux illustrateurs, Ron Cobb et Chris Foss (avec lesquels il avait respectivement travaillé sur le premier film de John Carpenter, Dark Star, et le projet d'adaptation initié par Alejandro Jodorowsky des romans Dune). Ridley Scott n'a, alors, pas encore été engagé. Si H.R. Giger se verra ultérieurement confier la direction artistique de l'univers extraterrestre, les deux designers se focalisent sur les éléments humains. Ils dessinent ainsi des centaines de croquis des intérieurs et extérieurs du vaisseau spatial. Qui se nomme - au fur et à mesure des réécritures du script - le Snark, puis le Leviathan, avant de devenir le Nostromo (en référence à un roman éponyme de Joseph Conrad). « La manière dont un même événement et un même lieu peut affecter des personnes est un concept Conradien », expliquera Ridley Scott. « Alien est en ce sens comparable au livre Nostromo ». Notons que la navette de sauvetage Narcissus tire également son nom d'une nouvelle de l'écrivain. Ron Cobb et Chris Foss apportent deux sensibilités très différentes au projet. Si le premier avoue être un « ingénieur frustré » qui imagine des vaisseaux au fonctionnement réaliste, le second n'hésite pas à briser les conventions et tenter des formes originales. Ron Cobb, qui travaillera ultérieurement sur Total Recall, Aliens, le retour, Abyss et Retour vers le futur, dessine ainsi durant cinq mois aux côtés de Chris Foss dans un vieux bureau des studios Fox, à Los Angeles, sous la supervision de Dan O'Bannon. Les deux prolifiques artistes s'entendent à merveille. « Chris possède un don pour créer des vaisseaux spatiaux », expliquait Ron Cobb en 2009. « Nous nous sommes mutuellement influencés. Son imagination semblait avoir assimiler toute l'histoire de la révolution industrielle. Il pouvait dessiner un nombre incroyable d'engins spatiaux évoquant à la fois des sous-marins, des locomotives diesels, des bateaux à aubes, etc. » Mais la créativité débordante de Chris Foss, qui concocte notamment une raffinerie installée sur un astéroïde, ne plaît pas aux décisionnaires. Aucun de ses nombreux dessins n'est validé. Le style de Ron Cobb prend ainsi le dessus. « J'ai tendance à souscrire à l'idée que la fonction précède la forme », précisait ce dernier. Ses versions du Nostromo sont mûrement réfléchies ; le moindre élément d'un engin doit être fonctionnel, ou répondre aux besoins créés par un voyage dans l'espace. Lorsque Ridley Scott est engagé, la petite équipe emménage aux Shepperton Studios, près de Londres. Le design final du Nostromo n'a cependant toujours pas été sélectionné ! Le tournage approche, mais le superviseur des effets spéciaux, Brian Johnson, ne peut pas lancer la construction des maquettes. Excédé, il finit par se rendre dans le bureau des deux artistes (qui sont alors absents) afin de se procurer leurs nombreux designs. Il les ramène aux Bray studios – où seront filmées les séquences à effets spéciaux – et décide finalement de s'inspirer d'un dessin de Ron Cobb pour mettre au point sa propre version. « Chris Foss a quitté la production avant le tournage », précise Martin Bower. « Ridley Scott n'aimait pas du tout ses designs ». Ainsi n'existe-t-il, malgré les centaines de croquis réalisés, aucun dessin de pré-production reproduisant fidèlement le Nostromo du grand écran ! Ce dernier reprend, dans les grandes lignes, un design de Ron Cobb, qui était lui-même vaguement influencé par le style de Chris Foss.

Un quart de tonne

Les deux illustrateurs ne furent jamais invités à découvrir le résultat aux Bray studios. Les maquettistes n'étaient d'ailleurs même pas au courant de leur contribution ! « Je n'ai collaboré ni avec Ron Cobb, ni avec Chris Foss », explique ainsi Martin Bower. « En ce qui me concerne, je n'ai appris leur existence qu'après avoir lu des livres qui expliquaient qu'ils avaient conçu des designs ! Aucun membre de l'équipe des maquettistes n'a eu de contact avec eux ». Pour Martin Bower, Brian Johnson et Bill Pearson sont bel et bien à l'origine du design du Nostromo. « Le vaisseau que nous connaissons est né lorsque Brian a demandé à Bill de construire une minuscule maquette en bois, peinte en jaune ». Notons que le dessin original de Ron Cobb présentait un engin arborant la même couleur. « Bill, Ron ou moi-même, nous sommes tous capables de visualiser quelque chose avant même qu'il ne soit construit. Je pense que ce fut le cas non seulement avec le Nostromo, mais aussi avec la raffinerie. Je l'ai imaginé et je me suis lancé dans sa construction ». A partir de la miniature conçue par Bill Pearson, Ridley Scott donne ses indications. « Brian a ensuite mis au point un aperçu du Nostromo, qui était tout sauf un dessin », raconte Martin Bower. « Il s'agissait essentiellement des contours du vaisseau. C'est là que le hasard nous a joué un tour. De par sa grande taille, ce schéma était constitué de plusieurs feuilles de papiers collés ensemble. Sans que personne ne s'en aperçoive, pendant la nuit, une des feuilles s'est décollée et recourbée, créant ainsi un protubérance sur la coque ! Le design final s'est donc vu adjoindre des propulseurs en forme de coudes, qui n'ont jamais été destinés à être là ! » La forme de la maquette est ensuite créée à l'aide de contreplaqué, monté sur une armature en bois. « Tout le monde proposait des idées, et Brian Johnson les acceptait ou les refusait. La forme a donc essentiellement évolué jusqu'à ce qu'elle plaise à tous ». L'extérieur de la maquette est réalisé à l'aide de plusieurs sortes de bois, dont des éléments sculptés à la main. Une feuille de plastique est ensuite ajoutée puis peinte en jaune. « Très rapidement, il fut convenu que cela ne correspondait pas à ce qui était désiré ». En tout, trois maquettes différentes sont fabriquées. La plus imposante mesure plus de 2,5 mètres de long et pesait, selon Brian Johnson, près d'un quart de tonne ! La plus petite, d'une longueur de 43 centimètres, est à l'échelle de la maquette de la raffinerie. « Ce petit modèle, sculpté en bois massif par le charpentier Brian Eke, a ensuite été moulée en fibre de verre afin d'obtenir une miniature plus légère ». Martin Bower est également chargé de la fabrication de la navette de sauvetage, le Narcissus...

Clap de fin

Pour le tournage des plans à effets spéciaux, la maquette du Nostromo est installée sur un châssis en acier - qui peut être monté de diverses manières, en fonction de l'emplacement de la caméra. « Nous avons bien entendu participé aux prises de vues », se souvient Martin Bower. « Je me suis par exemple occupé de l'ouverture du hangar, lorsque le Narcissus se dégage du Nostromo. Nous devions également être prêts à intervenir en cas d'incendie sur certaines zones des maquettes, ou à ajouter des détails supplémentaires qui devaient être filmés en gros plan. Nous avons ainsi dû permuter certaines tours de la raffinerie afin que les meilleures pièces soient captées par la caméra. La prochaine fois que vous verrez le film, vous remarquerez peut-être que les tours étaient interchangeables ! » A l'origine, la raffinerie devait ressembler à une cathédrale gothique, avec de hautes flèches. « Alors que nous avions tourné la majorité des plans truqués, Ridley Scott a débarqué aux Bray studios pour tout re-filmer, sous sa supervision ! Il a commencé par nous demander des modifications sur toutes les maquettes. Le Nostromo avait déjà été filmé... dans sa version jaune ! » Ridley Scott, pour qui cette couleur est un brin criarde, souhaite qu'elle soit repeinte en gris. « La raffinerie n'avait pas l'air, selon lui, suffisamment industrielle. Ridley a donc ramassé un marteau et une paire de ciseaux... et s'est mis à taper sur certains éléments des tours ! Je suis resté planté là, pantois, à le regarder enlever de plus en plus de morceaux qui nous avaient demandé de nombreuses heures de travail ! Il a ensuite ajouté des sections originellement construites pour d'autres maquettes, à l'endroit où s'étaient trouvées les flèches. Il m'a également demandé de camoufler la plupart des détails des tours. Il voulait vraiment faire ressortir le style industriel. A ce moment-là, ce qu'il faisait était terriblement vexant. Mais je pense qu'il avait raison de faire ce qu'il a fait ; le résultat est finalement bien meilleur ! Le seul problème est que de nombreuses photos, avec les flèches de la raffinerie, avaient déjà été prises. Et ce sont celles qui ont été utilisées dans le matériel publicitaire ! » Brian Johnson, quant à lui, n'a pas pu superviser le tournage de ces nouveaux plans. « Il était parti travailler sur L'Empire contre-attaque. Aucun de ses plans ne figurent donc dans le film ». Malgré la pression, l'ambiance, au sein des Bray studios, reste agréable. « J'ai travaillé sur Alien pendant quatorze mois », précise Martin Bower. « Davantage que tous les autres films auxquels j'ai participé ! Pendant le tournage, Le Rocky Horror Picture Show était lui-aussi filmé aux Bray studios, ainsi qu'une séquence à effets spéciaux de La vie de Brian des Monty Python. Terry Gilliam venait régulièrement nous rendre visite pour nous demander si nous avions des morceaux de plastique... qu'il voulait utiliser pour créer l'intérieur du vaisseau spatial qui apparaît dans ce film ! » En 1979, le Nostromo, lui, entend son équipage crier...

Renaissance

Une fois que le tournage des plans à effets spéciaux est terminé, la majorité des maquettes sont envoyées aux studios Fox, à Los Angeles. A la fin des années 1970, le patrimoine cinématographique -matériel- n'est guère préservé. De nombreux accessoires et éléments de décor créés pour Alien, le huitième passager finissent ainsi dans une décharge ! Les maquettes, elles, vont réussir à traverser les époques. A la fin de l'été 1979, Bob Burns - qui vit à Burbank, en Californie – contacte la Fox afin d'obtenir l'autorisation d'utiliser le thème d'Alien lors de son traditionnel spectacle d'Halloween. Le studio le prend au mot... et lui envoie plusieurs semi-remorques remplis d'accessoires et de maquettes du film ! La Fox confie ainsi sa collection au cinéphile, qui aménagera son sous-sol pour la stocker. Mais la plus imposante des maquettes du Nostromo, déposée à l'aide d'une grue, ne peut demeurer que dans l'allée jouxtant la maison. Livrée aux intempéries, mais protégée par quelques bâches, elles ne bougera pas d'un centimètre – son quart de tonne n'aidant pas - et se dégradera, inexorablement. Deux décennies plus tard, Bob Burns contacte des amis travaillant dans l'industrie des effets spéciaux. Son objectif : sauver le Nostromo ! Greg Nicotero et Howard Berger, fondateur du studio KNB Effects (Une nuit en enfer, The Walking Dead) et fans de la saga Alien, se penchent sur le malade. S'ils souhaitent réhabiliter et restaurer eux-mêmes la miniature, leur succès professionnel les empêchent de se consacrer à ce projet passionnel. La maquette va donc patienter huit années supplémentaires – mais dans la sécurité de leurs locaux. En 2007, The Prop Store of London, une société fondée par le britannique Stephen Lane, récupère la relique. Une équipe d'”archéologues du cinéma” passionnés va ainsi lui offrir une seconde vie. Stephen Lane souhaite d'abord confier le ravalement à l'équipe anglaise qui travailla sur le film, dont Brian Johnson. Malheureusement, l'état de la maquette exclue d'emblée la possibilité de la transporter jusqu'au Royaume-Uni. The Prop Store of London se tourne donc vers une autre légende du modélisme, Grant McCune (Star Wars, Star Trek : Le film). En 2009, le Nostromo emménage dans les locaux de Grant McCune Design – où furent d'ailleurs construites les maquettes de la première série Battlestar Galactica. Deux piliers du studio, Monty Shook (Stargate, Serenity) et Jack Ejourian (Spider-Man 2, Iron Man 2), y supervisent la réhabilitation. En l'espace de deux ans, le Nostromo est nettoyé et réparé. Les artistes font de surprenantes découvertes : les squelettes de deux opossums sont ainsi découverts à l'intérieur de l'armature ! Si l'on s'en tient à l'intrigue du film, il s'en est fallu de peu pour qu'un xénomorphe ne les rejoint... Certaines pièces - du puzzle - sont recrées d'après des centaines de photographies d'époque. L'objectif est de rester fidèle à la maquette d'origine. Au final, l'équipe de Grant McCune Design aura consacré à ce projet l'équivalent de trois mois de travail à temps pleon.



Le Nostromo est désormais sauvé, et les fans pourront le (re)découvrir à l'occasion de futures expositions. Martin Bower ne se réjouit pourtant pas de ce miraculeux sauvetage. « Cette restauration s'avère malheureusement médiocre », regrette-t-il. « Pourquoi ne nous a-t-on pas appelé à l'aide ? Nous aurions pu apporter des précisions cruciales. Nous ne comprenons pas pourquoi ils n'ont pas cherché à savoir quelle couleur nous avions utilisé ; il s'agit d'une caractéristique extrêmement importante du vaisseau ! Une autre erreur est immédiatement perceptible : la sonde installée sur le nez de l'engin doit pointer le long de l'axe du modèle, et non vers le bas... » Ce ne sont peut-être que des détails pour nous, mais la fierté d'un créateur ne s'atténue pas avec les années ! Or ce n'est guère la première fois que Martin Bower s'avoue déçu par les événements. « Toute l'équipe du film s'est demandée pourquoi on ne nous a pas proposé de travailler sur les opus suivants de la saga. Cela a provoqué de regrettables erreurs. Au lieu de me contacter pour obtenir davantage d'informations à propos du Narcissus, ils se sont basés sur les photos du making of. En conséquence, le vaisseau est très différent dans le second film ! C'est vraiment étrange, car on aurait pu penser qu'ils seraient désireux de bien faire les choses ». Martin Bower s'est finalement fait plaisir en retrouvant le Nostromo... ou presque ! « Un collectionneur m'a récemment demandé de construire une maquette à partir d'un des designs originaux de Ron Cobb. L'engin se nommait encore, à ce moment là, le Leviathan ! » De l'ère -quasiment- révolue des miniatures, il reste un avantage que l'infographie ne peut offrir : un patrimoine tangible. Le Nostromo est bien parti pour émerveiller les futures générations de spectateurs, qui découvriront sûrement Alien, le huitième passager après Prometheus...

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