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Preview - La trilogie du Hobbit : Un Voyage (très) attendu en Terre du Milieu
Article Cinéma du Jeudi 22 Novembre 2012

[Retrouvez la précédente partie de ce dossier]


Le 12 décembre prochain, soit dix ans après la sortie des Deux Tours, Peter Jackson nous invitera à découvrir le passé de l'univers de J.RR. Tolkien. Soixante ans avant la formation de la Communauté de l'Anneau, Gandalf le Gris invite le jeune Bilbon Sacquet à accompagner une bande de nains dans d'extraordinaires péripéties. Mais le tournage des deux opus du Hobbit fut en lui-même une incroyable aventure... qui a finalement engendré une trilogie !

Par Pierre-Eric Salard



Une décennie d'attente, émaillée de faux départs, méritait bien que l'on se penche sur les aléas du projet. Malgré le succès tant critique que public de la trilogie du Seigneur des Anneaux, Le Hobbit a vu le jour dans la douleur. La première partie de ce dossier revenait sur la période précédent le retour de Peter Jackson à la réalisation. Entre les batailles juridiques, les ennuis financiers de la MGM et le départ de Guillermo del Toro, on ne peut pas dire que le parcours du Hobbit ait débuté sous les meilleurs auspices ! Nous nous sommes ensuite penchés sur le scénario, la pré-production et le processus de casting. Enfin, nous avions abordé la première des trois phases du tournage-marathon – qui a finalement débuté le 28 mars 2011. Dédiée au prises de vues en intérieur, au sein des plateaux des Stone Street Studios de Wellington, cette première étape s'est achevée peu avant l'été 2011. Après un détour par Londres en juillet, l'équipe de production a pu prendre un repos bien mérité. Consacrée aux extérieurs, la seconde phase du tournage fut lancée en septembre près de Matamata, en Nouvelle-Zélande. Hobbitebourg, le village de Bilbon Sacquet que nous avions découvert dans la célèbre trilogie, y a été reconstruit à l'identique, ou presque ! Une scène se déroulant à l'époque du Seigneur des Anneaux ouvrira en effet Le Hobbit : Un Voyage inattendu (The Hobbit : An Unexpected Journey). Bilbon (Ian Holm) y racontera au jeune Frondon (Elijah Wood) les mésaventures vécues autrefois aux côtés de Gandalf et une bande de treize nains. Soixante ans plus tôt, le hobbit participa à la reconquête du royaume perdu des nains d'Erebor, tombé entre les griffes du dragon Smaug le Doré. Au cours de ce périple, il rencontra un certain Gollum, auquel il subtilisa son « Précieux » anneau... Le second opus est prévu pour fin 2013. Bilbon et ses compagnons nains y atteignent Lacville et tentent de s'introduire dans la Montagne Solitaire où s'est terré le flamboyant dragon. Grâce à leur longévité, plusieurs personnages de la trilogie font leur retour. Outre Gollum (toujours interprète d'un Andy Serkis affublé d'une tenue de motion-capture), Gandalf retrouve les traits de Ian McKellen. Les scénaristes se sont également inspirés des appendices pour inclure des protagonistes absents du roman. Ainsi les elfes Legolas (Orlando Bloom) et Galadriel (Cate Blanchett) bénéficient-ils d'un certain temps de présence à l'écran. « Nous n'adaptons pas simplement Bilbo le Hobbit », précise Peter Jackson. « Nous utilisons également du matériel additionnel que Tolkien a présenté dans les appendices du Seigneur des Anneaux. Nous pouvons donc montrer ce qui se déroule dans cet univers au moment où Bilbon et les nains effectuent leur périple ». Mais si Ian Holm (Alien, le huitième passager) reprend le rôle de Bilbon Sacquet le temps de quelques scènes, c'est bien Martin Freeman (Sherlock) qui incarne le héros durant le « flash-back géant » que sont ces films...

Retour au bercail

Le comédien britannique ne semble pas effrayé par le poids qu'il porte que les épaules. « Je ne ressens sincèrement aucune pression », affirme Martin Freeman. « Bien sûr, il s'agit de l'histoire de Bilbon, mais je ne l'ai pas écrite, je ne la filme pas... Ce n'est pas mon film, mais celui de Peter Jackson ». La fin de la première phase du tournage a (volontairement) coïncidé avec le départ de l'acteur pour l' Angleterre - afin de tourner dans la seconde saison de la série Sherlock. Au cours de l'été 2011, les décors de Hobbitebourg - conçus pour résister au moins cinquante ans ! - finissent d'être recréés près de Matamata. Le village des hobbits existe ; vous pourrez le visiter en Nouvelle-Zélande. De nombreux comédiens retournent donc en Nouvelle-Zélande en août 2011. Parmi eux, Luke Evans, alias l'archer Bard. « Sur ce type de projet à gros budget, vous disposez de beaucoup de temps de libre », racontait l'acteur. « J'ai donc eu la chance de pouvoir retourner chez moi plusieurs fois, lors des pauses. Je suis arrivé en août et je serai dans les parages jusqu'à la fin. Mon plus long séjour s'étendra d'ailleurs de février à l'été 2012. J'ai l'impression que tout ce que j'ai fait jusqu'à présent m'a en réalité préparé pour ce rôle ». Le convoi de la production dénombre pas moins de 150 véhicules – soit les camions, hélicoptères et autres bateaux nécessaires pour transporter le matériel, l'équipe techniques et les acteurs. « Le tournage en extérieur est sans doute la plus impressionnante opération logistique de l'Histoire du cinéma », s'amuse Glenn Shaw, responsable des transports. Notons que l'équipe de Peter Jackson compte près de 500 personnes (et moitié moins pour la seconde équipe) ! Il faut donc mettre en place d'importantes infrastructures sur chaque lieu de tournage, y compris dans les endroits où la production ne restera qu'une poignée de jours ! « Chaque membre de l'équipe devait se trouver dans le bon véhicule au bon moment et se rendre à tel endroit », se souvient Peter Jackson. « Chacun devait pouvoir dormir dans un lit. Nous devions produire notre propre électricité, mettre en place des cuisines, fournir de l'eau, installer des douches et des toilettes, et disposer, le cas échéant, de radiateurs ou climatiseurs... Je vous laisse imaginer le casse-être logistique qu'il a fallu relever pour ce projet... » Un véritable village itinérant accompagne ainsi Peter Jackson ; de quoi remplir deux terrains de football ! Les prises de vues sont plusieurs fois repoussées ; le tournage en extérieur est toujours l'esclave du climat. Or celui de la Nouvelle-Zélande peut être imprévisible. Lorsqu'il retourne enfin à Matamata, Peter Jackson s'avoue soulagé. « Après 110 jours de tournage sur les plateaux de Wellington, retrouver le soleil est salvateur ! Il est généralement plus aisé de travailler à l'intérieur d'un studio. Mais les plateaux ne disposent pas de ces superbes panoramas ! Hobbitebourg est fantastique. Les membres du département artistique, ainsi que nos jardiniers, décorateurs et paysagistes, ont travaillé sur ce projet de réhabilitation pendant près de deux ans. L'herbe a poussé, les fleurs ont germé... » Hobbitebourg est donc désormais un authentique village, et non plus un simple décor de cinéma. « Tous nos camions, caravanes, générateurs électriques et autres tentes étaient dissimulées derrière les collines », se souvient Ian McKellen (Gandalf le gris) .



Road movie

Martin Freeman (Bilbon jeune), Ian Holm (Bilbon âgé) et Ian McKellen sont du voyage pour Hobbitebourg, ainsi que Elijah Wood, qui retrouve, une décennie après le Seigneur des Anneaux, le rôle de Frodon ! « Retourner en Terre du Milieu et à Cul-de-Sac fut une expérience très étrange », déclare l'acteur. « La première fois que j'ai visité Hobbitebourg, j'avais 19 ans. Cette fois-ci, j'en avais trente ! Le tournage s'est révélé surréaliste, comme si j'avais voyagé dans le passé... » Elijah Wood a finalement passé un mois en Nouvelle-Zélande. Onze ans après avoir tourné la scène des retrouvailles entre Bilbo (Ian Holm) et Gandalf qui ouvre La Communauté de l'Anneau, Ian McKellen s'avoue lui-aussi stupéfait de se retrouver à nouveau devant les chaumières des hobbits. « J'ai ressenti un brin de nostalgie en tournant dans la séquence durant laquelle mon personnage va rendre visite à Bilbo pour la première fois », explique-t-il. « Suite à cette première semaine de tournage, nous avons dit adieu à Hobbitebourg », raconte Peter Jackson. Les membres de la production débutent un long chassé-croisé à travers les superbes paysages de la Nouvelle-Zélande. « Généralement, vous passez trois, quatre, voir cinq jours au mieux, dans un endroit parce que vous y tournez une ou deux scènes seulement », poursuit le réalisateur. « Le Hobbit est l'histoire d'une quête, une sorte de road movie. Chaque scène, ou presque, se déroule dans un endroit différent ». A Pio Pio, sur l’île du nord, le climat n'est pas favorable ; les parapluies sont de rigueur ! « Le mauvais temps nous a précédés. Au cas où vous vous posez la question, sachez que les parapluies n’apparaîtront pas dans les films », s'amuse le réalisateur, qui ne manque pas de saluer la singularité des paysages de son pays natal. « C 'est paradoxal. Alors que les décors des plateaux semblent réels, les extérieurs paraissent artificiels. Ces paysages sont trop étranges pour être honnêtes (rires) ! » Toujours sur l'île du nord, la piste de ski de Turoa, sur les francs du Mont Ruapehu, se situe au sein du second plus vieux parc national du monde. « C'est probablement mon endroit préféré », avoue Peter Jackson. « C'est l'archétype du paysage néo-zélandais que les touristes imaginent. Les couleurs et textures sont somptueuses. Mais ce lieu est également fragile. Nous avons redoublé d'efforts pour que notre impact sur l'écosystème soit infime. Nous avons ainsi monté un interminable échafaudage, constitué de passerelles surélevées, afin que les membres de l'équipe ne piétinent pas la végétation ». Paradise, situé près des villes de Glenorchy et Queenstown sur l'île du sud, avait déjà abrité plusieurs jours du tournage du Seigneur des Anneaux (notamment pour la Lórien découverte dans le premier opus). Le tournage s'y déroule principalement à la mi-novembre, de cinq heures du matin à 22 heures. Le temps, c'est de l'argent ! Les températures étant particulièrement basses, Martin Freeman et les interprètes de ses compagnons Nains portent, entre les prises, de gros blousons par-dessus leurs costumes... Notons que le climat s'est joué de la production. Peter Jackson avait en effet décidé de se rendre à Paradise, en compagnie de 450 personnes, après avoir repéré un arbre aussi ancien que majestueux. Si ce dernier a survécu durant un siècle, une tempête le déracina à seulement quelques semaines du tournage ! « Nous étions venus ici six mois auparavant afin de choisir l'endroit exact où nous allions faire construire le décor », précise Peter Jackson. « Cet immense arbre nous avait conquis ; il était digne de la Terre du Milieu ! Nous avons donc dû en fabriquer un autre, totalement artificiel... »

Prouesses magiques

Le réalisateur de la seconde équipe, Andy Serkis (plus connu pour son interprétation de Gollum) se montre très enthousiaste à propos de cette seconde phase du tournage. « J'ai passé plusieurs semaines à bord d'un hélicoptère, car il fallait cadrer de nombreux plans aériens. Nous devions décoller, sélectionner notre trajectoire, choisir la manière dont nous allions filmer les paysages ». Deux caméras SpaceCam (installées en parallèle pour filmer en 3-D relief) sont utilisées. « Nous sommes devenus des professionnels du vol en hélicoptère », s'amuse Andy Serkis. « L'avantage dont bénéficie la seconde équipe est d'aller dans les endroits inaccessibles, pour des raisons de délais ou de praticabilité, à l'équipe de Peter ». Du nord au sud, de l'est à l'ouest, la Nouvelle-Zélande est littéralement quadrillée par les deux équipes du tournage. Peter Jackson et Andy Serkis se sont finalement croisés... au 127ème jour du tournage, soit à mi-chemin du planning ! « L'un des défis que nous avions à surmonter consistait à montrer ce que nous tournions à Peter, alors qu'il se trouvait à plusieurs centaines de kilomètres », précise Andy Serkis. « Tous les jours, je lui envoyais un montage rudimentaire de nos plans. Nous nous trouvions, tous, loin de la plupart des infrastructures que nous chérissons tant. Nous avons dû utiliser des technologies de communication par satellite ». Alors que les membres de l'équipe ont continuellement accès à Internet, Peter Jackson, lui, profite d'un dispositif indépendant permettant de visionner quotidiennement, dans sa large tente, les plans tournés par la seconde équipe. Pour emmener le convoi à Strath Taieri, dans la région de l'Otago (île du sud), dix hélicoptères sont réquisitionnés. Les autochtones peuvent ainsi assister à un véritable balai aérien ! « Là-bas, nous pouvions filmer dans toutes les directions, à 360 degrés », explique Peter Jackson. « Nous avons pu voir des ciels incroyables ; nous les surnommions 'les ciels de Rencontres du troisième type' ! ». Après une pause méritée lors des fêtes de Noël, la troisième – et dernière - phase du tournage débute à la fin janvier de cette année. Plusieurs plans d'une séquence, lors de laquelle les Nains s'évadent à bord de tonneaux, sont tournés dans les rapides d'Aratiata, près de Taupo. Quatre fois par jour, le délestage d'un barrage fait brusquement, et spectaculairement, monter le niveau des eaux ! Les 20 à 25 tonneaux utilisés sont vides ; les acteurs seront filmés dans des conditions moins extrêmes... En février, Billy Connolly (Le dernier Samouraï) devient l'ultime acteur à rejoindre le casting. « Nous ne pouvions pas envisager un acteur plus approprié pour jouer Dain Pied d'Acier, le plus robuste des Nains », affirme Peter Jackson. « Nous avons hâte de le découvrir sur le champs de bataille. La distribution des films est ainsi complète ! » Le guerrier Dain est le cousin de Thorin Écu-de-chêne, interprété par Richard Armitage. Orlando Bloom est quant à lui de retour en Nouvelle-Zélande - plus de dix ans après le tournage de la trilogie du Seigneur des Anneaux - afin de retrouver le rôle de l'elfe Legolas. Le personnage n’apparaît pas dans le roman Bilbo le Hobbit, mais la longévité des elfes n'interdit pas sa visite. Il est en outre le fils du Roi Elfe Thranduil, incarné par Lee Pace. « J'ai été très touché que Peter Jackson réintroduise Legolas pour la simple raison que c'était possible », déclare l'acteur. Le britannique Benedict Cumberbatch (Star Trek Into the Darkness, Cheval de Guerre) a un rôle pour le moins particulier : à l'aide de la « performance capture », il prête sa voix et ses mouvements au vil dragon Smaug ! L'interprète de Sherlock Holmes dans l'excellente série contemporaine de la BBC retrouve ainsi son compère Martin « Docteur Watson » Freeman, alias Bilbo. « Ce fut une expérience extraordinaire », explique-t-il. « J'ai passé des moments privilégiés avec Peter Jackson et l'équipe dédiée à la capture de mouvements, en quasi-isolement. Mais lorsque j'ai découvert Martin dans son costume de hobbit, j'avoue que j'ai rencontré quelques difficultés pour conserver mon sérieux. Je n'ai pas tardé à être victime d'un fou rire ; je connais Martin, pas Bilbo ! » Benedict Cumberbatch prête également sa voix au Nécromancien. « Ce personnage n’apparaît pas dans le roman. C'est quelque chose que Peter Jackson a tiré des Appendices du Seigneur des Anneaux pour l'ajouter dans l'intrigue du Hobbit ».



Un pari sur l'avenir

Depuis le tournage du Seigneur des Anneaux, les technologies numériques ont énormément progressé. « Tout ce que nous avons testé lors de la création de la trilogie est devenu la norme », précise Peter Jackson. « Nous avons montré à des gens le double numérique de Martin Freeman, et personne n'a remarqué qu'il s'agissait d'une image de synthèse... » Le cinéaste n'a pas hésité à se lancer, pour la première fois, dans un tournage en relief, et en 48 images par seconde (au lieu de 24, traditionnellement). « La 3D donne l'impression que vous entrez littéralement dans l'histoire », déclare Peter Jackson. « Je n'ai pas altéré ma manière de filmer ; j'ai toujours essayé de faire évoluer la caméra au sein des décors afin d'obtenir un effet 3D dans un films en 2D ». Le tournage en 48 images par seconde, sensé améliorer la fluidité de l'image, n'a pas convaincu le parterre de blogueurs et journalistes auxquels a été soumis un extrait de dix minutes, en avril dernier. Selon ces derniers, le résultat ne ressemblerait pas à ce que l'on escompte d'une projection cinématographique... mais davantage à un téléfilm ! De l'aveu même de Peter Jackson, la fréquence de 48 images par seconde ouvrirait une « véritable fenêtre » sur la Terre du Milieu. Les spectateurs, eux, ne sont guère habitués à découvrir une image aussi nette, qui permet de déceler les artifices du cinéma : décors, maquillages... Le réalisateur n'en démord pas : il s'agit de l'avenir du Septième Art ! « Cet accueil tiède ne fut pas particulièrement surprenant », explique-t-il. « Pour la simple raison qu'il s'agit d'une évolution ! J'ai lu des critiques regrettant que le résultat est différent de ce à quoi nous sommes habitués. Et bien, oui, ça l'est ! Il faut disposer d'un certain temps pour s'habituer à cette fluidité. Nous n'aurions peut-être pas dû nous satisfaire d'un montage de dix minutes. L'expérience finale, sur la durée d'un long-métrage, sera très différente. Les films épiques, ainsi que ceux tournés en 3D, en tireront d'importants bénéfices ! Il s'agit d'un nouvel outil créatif, qui rend l'expérience cinématographique plus immersive. Je suis certain que cela encouragera les spectateurs à revenir dans les salles obscures ». Lors de la sortie des films, les spectateurs auront le choix entre les deux fréquences de projection, selon les salles de cinéma.

Une nouvelle trilogie

En ce qui concerne le tournage, si la seconde équipe tire sa révérence à la fin mai 2012, Peter Jackson annonce le 5 juillet que les prises de vues sont terminées. « Nous l'avons fait ! », s'enthousiasme le cinéaste. « Prochaine étape, la salle de montage ! » Quelques jours plus tard, lors de la légendaire convention Comic-Con de San Diego, le réalisateur déclare qu'il aimerait pouvoir tourner de nouvelles scènes en sus d'une phase de tournage additionnel, déjà programmée pour l'été 2013. A destination des versions longues, qui verront immanquablement le jour sur de futures éditions DVD et Blu-ray ? La rumeur enfle ; et si le processus de montage accouchait d'un troisième volet ? Rappelons qu'à l'époque où Guillermo del Toro supervisait le développement du projet, un troisième opus, qui aurait fait le lien entre les deux volets du Hobbit et la trilogie du Seigneur des Anneaux, était envisagé. Que les aficionados se rassurent : cela ne sera pas le cas. Mais le 30 juillet dernier, Peter Jackson annonce officiellement que l'adaptation du Hobbit est devenue une trilogie ! Paradoxalement, le plus court des romans (l'édition française en grand format, publiée par Christian Bourgeois, compte 314 pages, là où celle du Seigneur des Anneaux en fait 1280) engendre une adaptation en trois parties. N'oublions cependant pas que les scénaristes ont pu utiliser les éléments narratifs introduits par les Appendices du Seigneur des Anneaux. Deux décennies après l'écriture de Bilbo le Hobbit, J.R.R. Tolkien y était revenu sur les événements laissés dans l'ombre. Ainsi furent expliqués les mystérieuses disparitions de Gandalf, le rôle du Conseil Blanc, l'apparition du Nécromancien, la bataille de Dol-Guldur... « C'est seulement à la fin d'un tournage que vous avez l'occasion de prendre du recul », explique Peter Jackson. « Nous avons ainsi pu regarder un montage sommaire du premier film, et une partie du second. Ce que nous avons vu nous a plu. Mais si nous en profitions pour raconter davantage d'aspects de l'histoire ? Les deux films vont ainsi devenir trois long-métrages. Cette expérience aura vraiment été un... voyage inattendu ! » Contrairement à ce que pourraient croire les esprits cyniques, les studios Warner Bros, MGM et New Line ne sont pas à l'origine de cette initiative – mais bel et bien l'équipe du film ! Lorsque Peter Jackson et ses co-scénaristes Fran Walsh et Philippa Boyens proposèrent aux dirigeants des trois studios de transformer le diptyque en trilogie, une série de réunions fut organisée, en juillet, en urgence. La date de sortie du premier volet approchant, et le montage prenant forme, il fallait absolument prendre une décision dans les plus brefs délais. « Le roman n'est pas exceptionnellement long, mais Peter possède une véritable intégrité artistique et croit sincèrement qu'il s'agit du meilleur moyen de rendre justice à l'histoire », déclare Toby Emmerich, président du studio New Line. « Nous avons donc tous accepté sa requête, malgré les risques encourus ». Toute l'équipe du film a ainsi rapidement signé pour des semaines supplémentaires de tournage, prévues pour l'année prochaine. Le coût de ce troisième volet devrait s'avérer moins onéreux que les deux autres, de nombreuses séquences ayant été originellement filmées pour le second opus. « Je souhaite faire la meilleure adaptation possible, en espérant que les spectateurs l'apprécieront », souligne Peter Jackson. « La trilogie aura un ton différent de celle du Seigneur des Anneaux. Le roman Bilbo le Hobbit a été écrit pour de plus jeunes lecteurs, mais je ne veux pas faire de films pour enfants. J'ai toujours voulu conserver certains des thèmes principaux de la précédents trilogie ». Le cinéaste dispose désormais de trois long-métrages pour concrétiser sa vision. Le troisième opus, quant à lui, est annoncé pour l'été 2014. D'ici là, nous aurons sans doute l'occasion de revenir sur les prochaines aventures de ce projet titanesque, ainsi que sur les répercussions – et bénéfices - que le développement d'un troisième film aura sur l'intrigue...

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