Le grand retour de la fiancée d’Indiana Jones : Entretien avec Karen Allen
Article Cinéma du Lundi 26 Mai 2008

Après notre rencontre avec Indiana Jones, c’est Marion Ravenwood que nous avons le plaisir d’accueillir sur ESI. La délicieuse Karen Allen, inoubliable fiancée d’Indy dans Les aventuriers de l’arche perdue, évoque ses souvenirs de tournage du premier volet de la saga, ses retrouvailles avec Steven Spielberg et Harrison Ford, et son expérience du tournage mouvementé du Royaume du Crâne de Cristal.

Propos recueillis et traduits par Pascal Pinteau

Avouez-le, vous possédez une machine à voyager dans le temps : vous n’avez pas changé depuis « Les aventuriers de l’arche perdue » ! C’était incroyable et merveilleux de retrouver votre sourire et votre charme sur les photos de vos retrouvailles avec Harrison Ford et Steven Spielberg…

Oh merci, c’est très gentil à vous de dire ça ! Mais je n’ai pas vraiment de secret de ce genre à vous révéler . J’essaie simplement de vivre une vie équilibrée et heureuse, c’est tout ! (rires)



Quels sont les premiers souvenirs qui vous reviennent en tête quand vous songez aux Aventuriers de l’arche perdue ? Est-ce le moment où vous avez dû marcher pieds nus au milieu d’une masse grouillante de serpents ? Votre rencontre mouvementée avec des dizaines de momies desséchées recouvertes d’une poussière qui vous faisait tousser ? Ou gardez-vous malgré tout le souvenir d’un tournage amusant ?

(Karen Allen éclate de rire en nous entendant évoquer ses mésaventures passées…) Je me souviens de tout ça, en bloc, des fous-rires que nous avons eus et des choses assez difficiles à supporter, comme ces fameux serpents. (rires) C’était effectivement un film très amusant à tourner, mais qui m’a réservé quelques surprises mémorables. Quand Indiana Jones et Marion arrivent à s’échapper de la salle principale du tombeau égyptien, ils aboutissent dans des catacombes remplis de squelettes et de momies. Je me souviens que nous avons tourné cette scène-là pendant 6 ou 7 jours de suite, alors qu’elle ne dure pas si longtemps que ça dans le film. A peine quelques secondes, si je ne me trompe pas. Le tournage de cette séquence m’a paru interminable. Je n’en pouvais plus ! Je devais bousculer toutes les momies et regarder en l’air. Toute cette poussière me tombait dans les yeux, entrait dans mes narines, dans ma bouche et ma gorge. Et après, quand je devais pousser des cris de terreur, j’avalais encore plus de poussière. C’était un vrai cauchemar. Je finissais par suffoquer à cause de cette poudre qu’on utilise pour simuler la poussière au cinéma, et qui s’appelle « Fuller earth ». Mais je garde aussi des souvenirs merveilleux du tournage dans le désert de Tunisie, dont les paysages étaient absolument étonnants de beauté. Nous filmions pendant l’été et en plein Sahara ! Il faisait donc extrêmement chaud, plus de 45 degrés à l’ombre. Nous étions tous malades car nous ne supportions pas bien la nourriture et l’eau que l’on trouve en Tunisie. La dysenterie a peu à peu frappé toute l’équipe, et il nous a fallu beaucoup d’endurance pour nous acquitter des six semaines de tournage dans ce pays, malgré les crampes au ventre et les allers-retours incessants aux toilettes. Steven est le seul qui s’en est sorti sans problème, car il ne buvait que des canettes de soda et des aliments en conserve qu’il avait amené des USA! (rires) On se moquait de lui au début, mais nous nous sommes rapidement rendu compte que c’était lui qui avait raison !

Quels sont les moments des Aventuriers de l’arche perdue que vous préférez, en tant qu’actrice ?

En ce qui concerne les scènes de mon personnage ? Mmm… J’aime beaucoup la première scène dans le bar, qui permet de découvrir Marion. C’était fantastique de présenter cette femme de cette manière, en la montrant capable de battre un colosse pendant un concours de boisson ! (rires) Ensuite, elle se lève et calme la foule en parlant en Népalais ! On est donc immédiatement intrigué par Marion, en on se demande « Mais qui est cette fille ?! ». J’ai eu énormément de chance de pouvoir incarner ce personnage qui était si merveilleusement décrit dans le scénario. J’aime aussi beaucoup la seconde scène de beuverie, quand Marion se croit plus maligne que Bellocq, dans la tente. Elle pense être très habile en le poussant à boire pour pouvoir s’évader, alors qu’il maîtrise parfaitement la situation parce qu’il boit un alcool qui lui est familier depuis toujours, et qui ne l’enivre pas facilement ! Il reste sobre et s’amuse à voir échouer son plan. C’est aussi une de mes scènes préférées. Elle est drôle et pleine de suspense, et présente habilement deux personnages pleins de ressources.

Comment avez-vous réagi quand vous avez été contactée pour la première fois à propos de Indiana Jones et le royaume du temple de cristal ?

Oh, je n’arrêtais pas de sauter en l’air, tant j’étais folle de joie ! (rires) J’étais tellement surprise et si heureuse !.. Steven Spielberg m’a téléphoné un jour et m’a dit « Bonjour Karen. J’imagine que tu devines pourquoi je t’appelle… ». J’ai répondu « Euh…non…pas vraiment, Steven. Comment vas-tu ? » (rires). Et Steven m’a dit « Tu n’as pas regardé les journaux télévisés ces derniers temps ? Je vais réaliser Indiana Jones 4 ! ». Je lui ai dit « C’est fantastique, Steven ! C’est vraiment génial. ». Et c’est à ce moment-là qu’il a ajouté « Et tu vas jouer dedans, car on t’a écrit un rôle formidable ! ». J’étais tellement heureuse et émue que j’en avais les larmes aux yeux. Pendant des années, j’avais entendu ou lu des rumeurs à propos d’un nouvel Indiana Jones. J’avais appris qu’un script avait été écrit, mais qu’il ne faisait pas l’unanimité (Ndlr : il s’agissait de la version écrite par Frank Darabont, que S.Spielberg aimait bien, mais qui a été rejetée catégoriquement par G.Lucas), puis j’ai entendu dire qu’un autre auteur avait travaillé sur le projet, et que mon personnage pourrait réapparaître dans l’histoire. Mais le temps a passé et au bout d’un moment, ces rumeurs ont fini par disparaître. A cause de tout cela, je ne croyais plus vraiment que je me retrouverai un jour dans un nouvel épisode. J’avais vaguement pensé qu’ils allaient peut-être écrire une apparition en forme de clin d’œil, un « cameo », alors qu’il m’ont écrit un vrai rôle, qui est superbe.

Quand avez-vous rencontré Steven Spielberg, après toutes ces années ? Qu’avez-vous éprouvé à ce moment-là ?

C’était un grand bonheur. J’avais croisé Steven à plusieurs occasions au fil des ans, au cours de soirées privées ou de cérémonies organisées en son honneur. J’avais pris la parole pour évoquer notre collaboration au cours de la manifestation organisée par l’American Film Institute, lorsqu’on lui a remis la récompense qui honorait toute sa carrière. Mais la première fois que je l’ai rencontré longuement à nouveau, c’est quand je suis allée à New York, pour lire le script d’Indiana Jones 4. Je me suis rendue à son appartement là-bas, mais il n’était pas sur place quand je suis arrivée. Son assistant m’a remis le script, et je me suis installée sur un canapé pour le lire tranquillement. Steven est arrivé au moment où je terminais les dernières lignes. J’étais tellement excitée par ce que je venais de découvrir, et par la qualité de l’écriture du script, que je me sentais électrisée ! C’était un moment formidable. Nous avons passé une heure à discuter ensemble, à évoquer le passé, et surtout le futur et ce merveilleux projet. Notre rencontre suivante a eu lieu lorsque nous avons filmé des séquences-tests avec les costumes. J’ai rencontré aussi Harrison et fait la connaissance de Shia, à ce moment-là.

Est-ce que vous étiez un peu sidérés, Harrison et vous, de jouer les mêmes personnages 26 ans après Les aventuriers de l’arche perdue ?

Oui. C’était fantastique. Je me trouvais dans ma loge-caravane en compagnie du costumier, en train de chercher quelle tenue m’irait le mieux pour jouer dans le film, quand Harrison est arrivé pour me dire bonjour. En tant qu’Indiana Jones, Harrison n’a pas ce problème d’habillement : son costume est déjà au point depuis longtemps ! (rires) Nous avons passé un bon moment au cours de ces retrouvailles, même si nous nous étions croisés quelques fois auparavant. J’étais ravie de jouer à nouveau avec lui. Je dois dire que nous avons eu tous ressenti une émotion quand il est arrivé sur le plateau pour la première fois avec son costume. Et tout le monde a eu le sentiment de partager un moment privilégié quand il a remis le fameux chapeau sur sa tête. Nous avions une icône du cinéma en face de nous !

Quelles sont les scènes d’action les plus complexes que vous avez tournées vous-même au cours de cette nouvelle aventure ?

Vous savez, ça va être difficile de vous répondre sans révéler des éléments de l’histoire qui sont encore classés Top Secret…Disons que nous avons tourné de nombreuses séquences dans lesquelles nous nous trouvons dans des situations extrêmement périlleuses. Notre petit groupe - qui est composé de John Hurt, Ray Winstone, Shia Labeouf, Harrison et moi – traverse des endroits dangereux en se serrant les coudes. Généralement, Cate Blanchett nous suit de près. Nous fonctionnons comme un petit commando qui est confronté à de nombreux ennemis, et à beaucoup de pièges de toutes sortes.

Vous avez donc fait quelques cascades vous-même ?

Oui, nous avons tous fait beaucoup de choses qui peuvent être considérées comme des cascades. Il y a bien sûr des moments où l’action qui doit être filmée est tellement dangereuse que seul un cascadeur expérimenté peut la réaliser en limitant les risques de se blesser. Ce serait bête de vouloir tout faire soi-même dans ces cas-là, et de risquer ainsi de mettre en péril sa santé et le bon déroulement du tournage. Personne n’a envie de voir un personnage principal blessé et le film interrompu pendant plusieurs semaines. Très souvent, avant de tourner une scène qui nécessitait certains efforts physiques, Steven venait nous consulter pour ne demander si nous nous sentions l’envie et les capacités de la faire nous-mêmes. La plupart du temps, tous les membres du petit groupe disaient « Ouais, c’est bon, allons-y ! On peut le faire ! ». Nous formions une petite équipe enthousiaste et dynamique, et tout ça était très amusant. Nous avions envie de nous lancer à fond dans cette aventure, mais nous étions aussi conscients des risques qu’il ne fallait pas prendre inconsidérément. Chacun de nous avait une doublure formidable, prête à intervenir à chaque moment. Sans entrer dans les détails, je peux vous dire que je n’ai pas hésité à laisser agir ma doublure cascade à ma place, à de nombreuses reprises !

Quels sont les petits moments entre Indy et Marion que vous préférez dans cette nouvelle aventure ?

Là encore, je ne peux pas entrer dans les détails sans vous révéler des éléments de l’intrigue que Steven et George veulent à tout prix garder secrets pour ne pas gâcher le plaisir des spectateurs…mais disons que les relations entre Marion et Indy leur font éprouver une gamme d’émotions très variées tout au long de cette histoire. Disons qu’ils vivent beaucoup d’aventures et de situations diverses, depuis leurs retrouvailles, quand mon personnage apparaît dans le film, jusqu’à l’aboutissement de leurs péripéties. Marion et Indy font un sacré bout de chemin ensemble, au sens propre comme au sens figuré ! (rires)

Toute l’histoire est décidément classée « Top Secret » !

Je suis quasi-certaine, même si je suis consciente des rumeurs qui circulent autour du film, que c’est un des aspects de l’histoire que Steven et George ne veulent pas révéler. Tout ce que je peux vous dire, c’est que les circonstances sous réunissent, Shia, Harrison, Ray Winstone, John Hurt et moi, et que nous nous retrouvons tous en danger. Nous essayons de nous entr’aider afin de survivre, car nous sommes tous menacés par les mêmes ennemis.

Le film raconte-t’il ce que Marion a fait depuis sa dernière aventure avec Indy ?

On apprend quelques petits détails de sa vie, mais comme d’habitude quand je commence à travailler sur un film, j’ai pris le temps de rédiger des notes sur ce que j’imaginais que la vie de mon personnage avait été. Je fais toujours cela pour me préparer, avant de jouer un rôle. Je note ce qui a pu arriver à ce personnage avant que nous le rencontrions dans le film. Dans le cas de Marion, c’était un peu plus facile parce que je disposais des informations des Aventuriers, et de celles qui apparaissent dans le nouveau script. J’ai également interrogé Steven et George pour leur demander ce que Marion avait pu faire au cours des années précédentes. Ensuite, je me suis assise, et j’ai imaginé de quoi remplir le reste de l’histoire personnelle de Miss Ravenhood pendant les 25 dernières années.

Est-ce que le personnage interprété par John Hurt est le père de Marion ?

Ah…Je sais que c’est ce que les rumeurs prétendent, mais souvenez-vous qu’on apprend que le père de Marion est mort dans Les Aventuriers de l’arche perdue… Je peux donc vous dire que John Hurt ne joue pas le rôle de mon père. Il ne joue pas un membre de ma famille. Marion et lui ont une relation très chaleureuse. Ce sont de très bons amis, depuis de très longues années. Elle le protège beaucoup, car il est déjà âgé.

Comment s’est passé la collaboration avec John Hurt ?

Oh, il est merveilleux. Nous avons beaucoup ri. Il a plus de soixante ans à présent, et je le taquinais constamment en lui disant qu’il était devenu un héros de film d’action ! (rires) Je ne crois pas qu’il ait tourné autant de scènes d’action dans un film depuis le début de sa carrière ! Son rôle était si éprouvant physiquement que ça en devenait un gag à répétition ! Mais ça l’amusait énormément, et il était toujours partant pour faire ce qu’on lui demandait ! Quand on découvrait les décors dans lesquels nous allions tourner, et les dangers incroyables qui nous menaçaient, John et moi avions coutume de nous regarder en souriant et de nous murmurer à l’oreille : « Je n’arrive pas à croire qu’on nous demande de faire ça ! ». En tant qu’acteurs, il ne nous était jamais arrivé de nous retrouver dans des postures aussi périlleuses et aussi amusantes. C’était une expérience nouvelle pour lui. En ce qui me concerne, j’étais déjà passée par là quand nous avons tourné Les Aventuriers, puis bien plus tard, pendant le tournage mouvementé du film de Wolfgang Petersen En pleine tempête. Mais tous les jours, nous allions de surprise en surprise, John et moi ! Le tournage d’Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal a vraiment été une expérience inoubliable, à bien des égards ! (rires)



Avez-vous trouvé que Steven Spielberg avait un peu changé sa manière de diriger les comédiens depuis le tournage des Aventuriers ?

Evidemment, je ne peux me référer qu’à ma propre expérience, c’est à dire à ces deux tournages espacés de 26 ans…Je dirais que globalement, il n’a pas changé sa manière d’agir dans le sens qu’il est toujours remarquablement bien organisé, que ses tournages sont toujours préparés méticuleusement à l’avance, et qu’il est toujours aussi ouvert aux suggestions de dernière minute. Mais j’ai aussi senti qu’il s’était adouci, qu’il semblait plus calme, plus serein. Il plaisante plus qu’avant et paraît plus décontracté. A l’époque des Aventuriers, je sentais qu’il avait une énorme responsabilité, et que cela pesait lourdement sur ses épaules. Cette pression constante devait forcément lui causer des soucis, des angoisses. Il réussissait quand même à apprécier certains moments et à s’amuser, mais jamais complètement. Aujourd’hui, il a acquis une telle maturité et une telle maîtrise de son art qu’il semble beaucoup plus serein. Il est entouré d’une équipe de gens de grand talent, qu’il connaît de longue date, et avec laquelle il travaille en toute confiance. Cela lui donne un sentiment de sécurité, car il sait qu’il peut compter sur eux pour résoudre beaucoup de problèmes. Il leur sufft de peu de mots pour se comprendre à la perfection. Aujourd’hui, Steven est un des grands maîtres du cinéma, alors qu’il n’était encore qu’un très jeune réalisateur quand nous avons travaillé ensemble pour la première fois. Je crois qu’il a fait des progrès incroyables dans tous les domaines, avec l’expérience et la sagesse que lui ont apportées ses années de carrière et la vie qu’il a menée hors des plateaux de cinéma. Il était déjà un réalisateur de grand talent quand je l’ai rencontré, et aujourd’hui, il est devenu un mentor, un maître reconnu et célébré par tous.

Vous disiez auparavant que vous aviez la possibilité d’improviser sur le plateau, en dépit du fait que cette nouvelle aventure d’Indiana Jones regorge de trucages et de cascades qui étaient soigneusement préparées à l’avance…

Oui. Steven aime se sentir en sécurité en planifiant tout à l’avance dans les moindres détails, mais il sait aussi que cela peut aussi devenir un piège. Il ne voulait pas brider notre créativité d’acteur ni sa vision de réalisateur en ne sortant jamais de ce cadre. Bien au contraire, il est toujours prêt à laisser les choses ouvertes et à inventer à la dernière minute, en fonction de ce qui se passe sur le plateau. Il est à la fois totalement prêt à tourner ce qui a été prévu, et totalement prêt à tourner quelque chose qui est complètement différent ! Ces petits changements apportent souvent de merveilleuses surprises, des réactions inattendues, des répliques spontanées. Des pépites qui viennent enrichir le film. Je pense que c’est une des caractéristiques de son immense talent. Etre à la fois si bien préparé et capable de trouvailles formidables, alors qu’il est plongé dans l’ambiance chaotique du tournage d’une énorme production, sur un plateau où travaillent des centaines de personnes ! Sa capacité d’inspiration et son imagination n’ont pas de limites. Steven est vraiment très impressionnant.

Avez-vous un exemple précis de cette manière de procéder, dont vous pourriez nous parler ?

Ce serait difficile en ce qui concerne cette aventure, pour les raisons de confidentialité que vous connaissez, mais l’exemple le plus connu reste bien sûr la fameuse séquence des Aventuriers au cours de laquelle Indy était sensé combattre un guerrier arabe armé d’un énorme sabre. Le cascadeur qui avait été engagé pour jouer le rôle de l’arabe au sabre n’était malheureusement pas très bon. Quand il est arrivé sur le plateau, je ne peux pas dire qu’il avait l’air de savoir vraiment comment manier une épée de manière convaincante ! Nous tournions cette scène en extérieurs, alors que la chaleur était insupportable, et que toute l’équipe était malade. Après avoir fait plusieurs tentatives infructueuses pour tourner des plans de combat entre l’homme au sabre et Indy, qui se défendait avec son fouet, Harrison a fini par dire, à bout de patience, « Pourquoi est-ce que je ne le tue pas ? J’ai un pistolet accroché à la ceinture ! ». (rires). Tout le monde s’est regardé en disant « Quelle bonne idée ! ».

Et cette scène est devenue l’un des meilleurs gags du film . Une des surprises les plus réjouissantes pour le public, car elle allait à l’encontre de tous les clichés des films d’action…

Oui ! Et ce qui est fou, c’est que cette scène de combat homme au fouet / homme au sabre devait être une des grandes scènes d’action du film, avec beaucoup de rebondissements, dans le style des combats à l’épée des grands classiques d’Eroll Flynn ! Elle devait durer au moins cinq bonnes minutes à l’écran, et pourtant Steven n’a pas hésité à jeter tout son travail préparatoire à la poubelle pour le remplacer par ce gag ! Il a eu raison, bien entendu , car ce moment est devenu instantanément une scène inoubliable de l’histoire du cinéma.

Diriez-vous que l’ambiance d’Indiana Jones et le royaume du temple de cristal évoque un peu celle des films d’aventure des années 50, des « séries B » de cette époque-là ? C’est un peu le sentiment qu’on avait en lisant les dernières déclarations de George Lucas…

C’est une question intéressante…Mmm…Bien sûr, l’action se déroule dans les années 50, mais je n’ai pas vraiment le sentiment que le film va évoquer pour autant l’atmosphère des séries B d’aventure que l’on produisait alors. J’ai grandi en regardant ces films de série B, et ils étaient toujours un peu étranges, décalés, et immanquablement fauchés. Et certains d’entre eux étaient carrément comiques à cause de leur naïveté. Je crois que ce film va voir une atmosphère, une richesse visuelle et une intrigue beaucoup plus sophistiquées que celles de ces productions-là. George et Steven ont vraiment voulu tourner cette nouvelle aventure d’Indiana Jones en conservant l’esprit des épisodes précédents. Ils ont pleinement profité de l’évolution des techniques numériques qui est survenue depuis Indiana Jones et la dernière croisade. Les images de synthèse leur ont permis de concevoir des choses encore plus folles et encore plus spectaculaires, qu’ils ne pouvaient pas faire par le passé. J’irais jusqu’à dire que le style de cette nouvelle aventure s’approche plus du style épique de David Lean. On découvre des paysages spectaculaires, et on est emporté par une aventure au style rétro, mais qui bénéficie des technologies les plus sophistiquées qui existent actuellement. Mais tout ce que je vous dis, c’est ce que j’ai ressenti devant la caméra, car je n’ai pas encore vu le film terminé, bien sûr. C’est difficile pour un acteur de jouer tout en percevant le style cinématographique qu’un réalisateur va donner à chaque prise. J’ai forcément une impression très fragmentée et très réduite de ce que le film va être une fois que Steven aura fini de le monter, et une fois que les effets spéciaux et la superbe musique de John Williams vont être ajoutés. En tous cas, il y a une chose dont je suis absolument sûre, c’est que les spectateurs ne vont pas s’ennuyer ! Ça, je vous le garantis.

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